De mémoire de Mantevillois, jamais n’avait-on vu autant de monde à une commémoration du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie. Le personnel politique local est ainsi venu au grand complet… à l’exception de Cyril Nauth (FN) et de sa majorité, le nouveau maire ayant décidé de ne pas impliquer la commune. « Le FN a toujours refusé cette date du 19 mars, pour la raison que le 18 mars 1962 correspond à la signature du cessez-le-feu, s’était justifié Cyril Nauth en février, devant le conseil municipal. Il n’a pas été respecté, faisant encore plusieurs milliers de morts. »

Résultat : au matin du 19 mars, chacun des orateurs a pointé la mauvaise volonté de la majorité municipale vis-à-vis de la tenue, pourtant obligatroire, de la cérémonie de commémoration. La Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (Fnaca), pour sa part, ne décolère pas. « Le comité Fnaca a organisé cette cérémonie malgré le refus de la commune, a ainsi indiqué son président, Daniel Basset. Il nous colle une étiquette politique, ce qui est faux. […] Nous sommes là pour honorer la mémoire de nos camarades disparus. »

Si la majorité municipale était absente, son adjoint aux anciens combattants, Serge Jourdheuil, était venu. « A titre personnel » et comme représentant local de l’Armée, a-t-il indiqué. Il a par ailleurs assuré qu’il veillerait à ce que les gerbes de fleurs ne soient pas retirées par la commune après la cérémonie. Une promesse qu’a également fait une conseillère municipale d’opposition, Colette Lavancier.