La Nacelle, propriété de la Communauté de communes Seine Mauldre (CCSM), est gérée depuis 2003 par une association. Son contrat se termine en septembre, et ne sera pas renouvelé : la CCSM souhaite désormais gérer ce lieu culturel en régie directe, et en modifier la programmation. Si les six salariés de la Nacelle assurent accepter le changement de mode de gestion, ils refusent la modification concomitante du projet culturel de la salle. La semaine dernière, ils ont d’ailleurs créé une pétition sur le site internet change.org. Elle a récolté plus de 1 700 signatures de soutien à ce jour.

« Ils veulent une programmation plus populaire », indique Laure Ricouard, salariée et chargée de communication de la salle. Les salariés mettent en avant une sélection qu’ils estiment plutôt éclectique, leur conventionnement avec le ministère de la Culture (qui verse 38 000 € par an, Ndlr), et leurs actions culturelles auprès des différentes structures communales. « Moralement, c’est très dur, rapporte la salariée. Nous faisons aussi un travail de passion et de conviction, pour amener les gens à la culture, à quelque chose d’exigeant, pour ne pas les laisser penser que ce n’est pas pour eux. »

« Nous n’arrivons pas à comprendre qu’ils cassent ce projet-là. Alors qu’il fonctionne, avec 15 000 spectateurs par an, et un taux de remplissage moyen de 84 % cette année, ce qui est très élevé pour les Yvelines », avance surtout Laure Ricouard. « Nous voulons privilégier le public de proximité », explique-t-on d’abord à la CCSM, 25 % des spectateurs de la Nacelle habitant le territoire de la communauté de communes. « Ce discours sera caduque dans six mois, avec l’intégration dans la nouvelle agglomération », répond la chargée de communication.

Surtout, la communauté de communes invoque un mauvais contexte budgétaire, particulièrement tendu depuis le départ des communes de Flins-sur-Seine et de Bouafle. « Cela impose une nouvelle situation, de nouvelles règles et de nouveaux objectifs. C’est ici ni plus ni moins qu’une question de survie », détaille-t-on à la CCSM, qui subventionne la salle à hauteur de 340 000 € annuellement.

Ainsi, le changement de programmation l’an prochain aurait également pour but de réduire les dépenses. Si la CCSM reconnaît que « remplir une salle est un objectif appréciable », elle annonce aussi vouloir « une diminution du déficit entre les coûts globaux et les recettes », pour « faire mieux avec moins de moyens », et n’exclue pas une augmentation des tarifs d’entrée. Seule certitude : le dialogue est aujourd’hui rompu entre l’équipe de la Nacelle et les responsables politiques de la CCSM, au point que la prochaine saison semble compromise. « Pour l’instant, nous n’avons pas de programmation pour la saison prochaine, s’inquiète Laure Ricouard. Nous ne sommes pas en capacité de continuer le service public, car nous n’avons pas les informations nécessaires. »