Au dernier conseil municipal était voté le budget prévisionnel 2015 de la commune dans une ambiance pesante, voire tendue. L’opposition a fustigé la très forte baisse des investissements et des dépenses d’entretien du patrimoine municipal, la majorité a répondu par la nécessité de réduire les dépenses, tout en mettant en avant la très légère baisse des dépenses de fonctionnement.

Le taux des impôts locaux ne change pas. Ces derniers rapportent un peu moins de 10 millions d’euros à la ville, pour un budget total d’environ 37 millions d’euros. La dette, elle, s’établissait au début de l’année à 16,2 millions d’euros de capital à rembourser, une somme inférieure à la moyenne des dettes des communes similaires. Aucun nouvel emprunt n’est prévu cette année. « Dans ce budget, il n’y a pas l’embryon d’un grand investissement, et pas de recours à l’emprunt. C’est une politique, on peut légitimement se demander si elle est bonne, a estimé l’ancienne maire Annette Peulvast. Nous avons actuellement des taux extrêmement bas, peut-être aurait-il été utile d’y avoir recours. »

Les fêtes de quartier au singulier

Les trois fêtes annuelles de quartier données par la municipalité ne seront plus qu’une cette année. Désormais, cette unique fête annuelle tournera, d’une année sur l’autre, dans un des trois quartiers précédemment concernés. « Le choix n’est pas uniquement économique, c’est aussi pour casser la logique de quartiers qui s’opposent », a justifié le maire Cyril Nauth (FN), face à des opposants manifestement dubitatifs quant à l’efficacité de ce choix.

« Il est trop tôt », lui a répondu le premier adjoint chargé des finances, Laurent Morin (FN). « Le groupe scolaire de Mantes université est une priorité absolue », a ajouté le maire Cyril Nauth (FN) pour justifier l’absence de tout investissement d’envergure. Plutôt que l’emprunt, la majorité a donc préféré l’accumulation préalable d’excédents budgétaires, au risque de perdre quelques années d’investissements. Par ailleurs, Cyril Nauth a indiqué l’abandon de la restructuration-extension des trois Centres de vie sociale de la commune, et la pose de six caméras de surveillance en 2015.

Subventions aux associations : les syndicats et la LDH trinquent, le FC Mantois perd 75 %

L’an dernier, la toute nouvelle majorité FN avait baissé uniformément les subventions aux associations de 20 %. Cette année, la baisse est nettement plus modérée, d’un peu plus de 2 %, mais le nombre d’associations subventionnées passe de 95 à 77, et surtout, quelques surprises ont provoqué la colère des opposants. « Vous avez fait un choix politique dans cette restriction de dotations, vous avez supprimé toutes les subventions aux unions locales des syndicats, s’est ainsi ému Guy Carlat, de Mantes en mouvement. Ce n’était pas la peine de nous faire remplir les dossiers de subventions, dire ‘’on va attribuer’’ en commission, et puis le supprimer en séance. »

Autre victime des choix du FN, la Ligue des droits de l’homme (LDH), qui est en cours d’expulsion d’un bureau prêté par la mairie depuis de nombreuses années. « La commune n’a pas vocation à soutenir la vision cosmopolite, mondialiste et sans-frontiériste de son action, par exemple, la LDH permet à des clandestins de rester sur le territoire nationale », a répondu le maire Cyril Nauth (FN) aux accusations d’anti-républicanisme portées par Saïd Benmouffok (PS). Enfin, le dernier touché, et non des moindre, s’avère être le FC Mantois. La subvention du club de football est en baisse de 75 %, fixée à 15 000 € en 2015. Le club a fortement réagi à cette réduction mantevilloise.