Fin mars, en gare Saint-Lazare, nous avons rencontré Haby Niaré, la licenciée du Taekwondo val de Seine de Mantes-la-Jolie. Depuis quelques semaines, elle découvre son nouveau poste d’agent commercial.

« Je reviens de 3 semaines de compétition non-stop », nous confirme la triple championne de France. Après une compétition à Cuba, et retour en France pendant deux semaines, la jeune sportive de 21 ans a enchainé avec une tournée internationale entre l’Iran, l’Egypte et le Qatar. C’est seulement la troisième fois, le troisième jour, qu’elle travaille pour son employeur, la SNCF, avec qui elle a signé son premier contrat professionnel le 21 janvier dernier.

Après son titre de championne du monde de taekwondo en 2013, Haby Niaré a été approchée par le dispositif réservé aux athlètes de l’entreprise publique ferroviaire. « Ils en ont parlé à mes entraîneurs nationaux. J’ai eu trois entretiens différents et des sessions de test. Il fallait que je bosse quand même pour entrer au sein du dispositif ! »

Aujourd’hui, c’est un peu un esprit familial qu’elle retrouve ici : « Toutes mes compétions, je les fais avec des membres de la SNCF. Avec deux de mes amis, Stevens Barclais, qui travaille à Gare de Lyon, et Toran Maizeroi, qui lui est à la Suge (sûreté ferroviaire, Ndlr), on a le même planning et on s’entraîne ensemble. »

Le dispositif prévu par l’entreprise de transports aménage les emplois du temps des sportifs de haut niveau. La Mantaise s’entraîne deux fois par jour, tous les jours, sauf le mercredi où elle change de costume. « Je m’investis au maximum le jour où je suis là. Mettre enfin des vêtements civils au lieu d’être toujours en survêt’ d’entraînement, ça fait du bien aussi. Ici, je suis dans l’information et l’accueil, je renseigne les gens. »

Le taekwondo reste malgré tout le fil conducteur de la vie d’Haby Niaré. « C’est ma grande sœur qui en faisait, j’étais plutôt danse et hip-hop, mais j’ai accroché rapidement. »

Toujours licenciée à Mantes-la-Jolie, elle ne s’entraîne aujourd’hui plus qu’au pôle France de l’Insep, mais n’oublie pas son premier entraîneur : « Abdeslam c’est mon grand frère, je le connais depuis que je suis tout petite. Je n’hésite pas à l’appeler quand j’ai un problème. J’avais 13 ans, et un jour il m’a dit « demain on part à Lyon, préviens tes parents que tu ne vas pas à l’école, il faut vite que tu prépares tes affaires, tu as les championnats de France ». »

Mi-mai, c’est son titre de championne du monde qu’Haby Niaré remettra en jeu. Un réel objectif pour la taekwondoïste avant l’étape ultime : Rio 2016. « Il reste encore un peu de boulot à faire, même si je jongle entre la première et la deuxième place. Au 31 décembre 2015, les 6 premières sont qualifiées d’office. C’est ce que je recherche. »

Malgré des douleurs au ménisque, « qu’il faudra opérer en fin de carrière », la multi-titrée espère gagner ses faces à faces avec sa meilleure rivale, la suédoise Elin Johansson, toujours dernière elle au plus haut niveau.