Les trente manipulateurs du service pisciacais de radiologie, 25 de jour et 5 de nuit, sont tous en grève depuis mardi 7 avril, avec le soutien syndical de la CGT et de Sud. L’objet de leur colère est la suppression de postes à activité constante, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase étant une proposition de réduction du nombre de manipulateurs radio la nuit. « Actuellement, nous sommes trois la nuit, sur douze heures, pour gérer huit activités différentes, pointe l’une des grévistes. Nous estimons que trois personnes, pour gérer ces activités, n’est pas un surplus. »

« Nous sommes un service prestataire des autres services, les surcharges se passent à très court terme. Il n’y a pas le temps de faire déplacer quelqu’un d’astreinte », estime la gréviste, qui travaille depuis une vingtaine d’années dans ce service. Les échanges ne s’étant pas avérés fructueux avec la direction, ils ont fait le choix de cesser le travail, exceptés les quatres agents assignés chaque jour. Seules les urgences sont donc actuellement traitées par le service de radiologie.

« Cette organisation est calquée sur celle d’établissements de même taille », commente de son côté la direction, qui rappelle que les agents concernés seront redéployés au sein du service. « Si nous nous apercevons, à l’usage, que ça ne fonctionne pas, nous réajusterons, l’idée n’est pas d’imposer quelque chose sans concertation.»

Pour le personnel du service, le spectaculaire redressement des comptes de l’hôpital observé ces derniers mois ne se fait pas sans douleur : « Dans le service de radiologie, trois postes ont déjà été supprimés à activité constante. La prise en charge est forcément moins bonne. » La direction devait recevoir les grévistes mardi (après la mise sous presse de cette édition, Ndlr) pour une nouvelle réunion de concertation. Vendredi après-midi, les dirigeants n’avaient pas le temps de dialoguer : ils jouaient au football dans l’équipe de l’hôpital, ont fait remarquer les manipulateurs radio ce jour-là avec un peu d’amertume dans la voix.

136 suppressions de postes en 2015

Le centre hospitalier de Poissy-Saint-Germain (Chips) compte environ 3 800 agents, soit 500 de moins qu’il y a une décennie. Selon les organisations syndicales, en 2015, 136 suppressions de postes sont prévues, avec un objectif de 150.

Les économies faites à marche forcée auraient eu d’importantes conséquences sur le personnel, explique Jean-Michel Orsini, du syndicat Sud : « Dans le bilan social 2013, le médecin du travail a dit son inquiétude face à l’augmentation de la souffrance au travail. »

« La confiance, essentielle avec les dirigeants, est rompue avec cette équipe, estime par ailleurs le délégué du personnel. Tant que vous êtes en accord avec eux, vous avez droit à une roucoulade sur le dialogue social, mais dès que les gens hésitent, le ton change. »