Le « grand remplacement », thèse développée par l’écrivain d’extrême-droite Renaud Camus, est largement reprise depuis quelques années par le FN. Le premier adjoint mantevillois, Laurent Morin, a cru en apporter une nouvelle démonstration en photos, la semaine dernière sur son compte Twitter. Intervenant lors d’un dialogue entre un responsable de son parti et Laurent de Boissieu, journaliste à La Croix, il a publié deux photos. L’une est celle des joueurs du Club athlétique de Mantes-la-Ville prise il y a 25 ans, l’autre immortalise l’équipe du FC Mantois. Sur l’une, les joueurs sont blancs, sur l’autre, ils le sont moins.

Si, pour Laurent Morin, la conclusion à tirer de ces deux clichés était limpide, il n’en fut pas de même d’autres utilisateurs du réseau social. Le tweet litigieux a d’ailleurs été retiré par le premier adjoint peu après. Il avait déjà créé la polémique avec des propos sur le métisssage, tenus sur Facebook en septembre, pour lesquels il s’était d’ailleurs publiquement excusé. Sa nouvelle sortie sur les réseaux sociaux n’a pas laissé ses opposants mantevillois indifférents. Mantes en mouvement, groupe de droite d’Eric Visintainer (UMP), a ainsi rapidement et publiquement demandé au maire la démission de Laurent Morin : « Dans le cas contraire, cela voudra dire que le maire cautionne les propos racistes de son premier adjoint ! »

Laurent Morin a retiré le tweet ci-dessus peu après sa publication, le mercredi 29 avril.
Laurent Morin a retiré le tweet ci-dessus peu après sa publication, le mercredi 29 avril.

« Les motifs de la baisse de subvention sont donc clairement affichés : la couleur de peau d’un certain nombre d’adhérents du club semble poser problème au Front national », a également indiqué par communiqué le groupe de gauche Ensemble pour Mantes-la-Ville, qui condamne « fermement » les propos publiés par Laurent Morin. Depuis quelques semaines, rien ne va plus entre le FC Mantois et la majorité FN de la municipalité. Le club de football avait appelé à voter contre le maire Cyril Nauth, alors candidat aux élections départementales. Ce dernier a ensuite coupé 75 % des subventions du club. Le conflit n’en est décidément qu’à ses débuts, à en juger par cette nouvelle polémique.