C’est un magasin comme un autre de la rue porte aux saints, en plein centre-ville. Sauf qu’on en repart toujours les mains vide : les clients viennent pour envoyer de l’argent à l’étranger, sous la forme de services ou d’objets, que le destinataire peut acheter sur place dans des magasins partenaires. « Soit ils envoient la somme à un parent, qui peut alors l’utiliser dans un de nos magasins partenaires. Soit ils choisissent directement sur notre site internet le produit qui sera livré, comme un mouton ou un congélateur », explique Rania Belkahia, la fondatrice d’Afri market.

La commission étant partagée entre celui qui envoie l’argent et le magasin partenaire où sera réalisé l’achat, elle est plus que divisée par deux par rapport au prix habituel. Pour l’instant, les pays desservis sont la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Sénégal, le Togo et bientôt le Cameroun. Si l’entreprise parisienne se développe d’abord par l’intermédiaire de son site internet, elle a choisi le Mantois comme terrain d’expérimentation, pour implanter sa première boutique physique. « C’est une zone à forte diaspora, où tous coexistent. Mantes-la-Jolie est un peu un pont entre les communautés », estime Rania Belkahia.

Le marché du tranfert international d’argent liquide est aujourd’hui archi-dominé par Western union et Moneygram. « Il y a des commissions très élevées avec un monopole des acteurs traditionnels, et les envoyeurs n’ont aucune idée de la manière dont l’argent reçu est dépensé », décrit la jeune chef d’entreprise de 25 ans. Sa société et ses 34 salariés, appuyés financièrement depuis peu par l’opérateur Orange, ont bien l’intention de perturber cette hégémonie. Avec déjà 2 % du marché du transfert d’argent capturé en un an d’existence sur les flux des pays desservis, la jeune pousse semble bien partie pour.