Conflans-Sainte-Honorine est une commune composée majoritairement de zones pavillonnaires. Mais comme le précise le cahier des clauses techniques particulières (CCTP), présentant le contexte de la mission à réaliser au futur prestataire, « des opérations d’habitat collectif » ont été réalisées sur la commune « de façon moins harmonieuse et sans réelle continuité physique avec le tissu environnant », entre les années 1960 et 1980.

C’est le cas notamment de la résidence Paul Brad. Composée de 139 logements locatifs sociaux, la mairie souhaite réaliser une étude préalable sur « cette partie de territoire » avant de s’engager dans « un projet important de démolition-reconstruction. » Outre la vétusté de la majeure partie du bâti, la ville considère que l’entrée principale de la résidence Paul Brard, « en forme d’arche », serait « un puissant vecteur de stigmatisation. »

« Personnellement je ne vois pas ça comme ça, admet Bruno Coupez, habitant du quartier depuis quatre ans. Après, certaines personnes peuvent se dire en voyant une arche comme ça au-dessus d’une route, que ne n’est pas franchement l’idéal. » La municipalité souhaiterait également remédier aux problèmes de nuisances sur le quartier. Les forces de l’ordre y relèveraient souvent des « attroupements de jeunes ainsi qu’une forme de délinquance d’exclusion. »

« Ce n’est pas un quartier tout bétonné, tout moche. »
« Ce n’est pas un quartier tout bétonné, tout moche. »

Même s’il reconnait qu’ « il y a quelques problèmes comme dans tous les quartiers », Bruno Coupez pense globalement du bien de sa cité : « c’est un quartier plutôt tranquille. Les logements sont bien, même s’il y a des problèmes au niveau de l’humidité (…) C’est vrai que dans les années 1960, ils privilégiaient surtout le fait de loger les personnes. »

Trésor Ngane-zamo, réfugié politique centrafricain résidant à Paul Brard depuis 6 mois, face au centre commercial, pense lui aussi que le quartier est calme. « Les enfants ne se droguent pas, il n’y a pas de bagarre. Mais il faudrait faire un centre de formation sportive approfondie pour les gens du quartier. C’est le sport qui unit les peuples. »

Rien n’est proprement envisagé par la ville à ce sujet, même si le city-stade situé à l’entrée du quartier se trouve sur un emplacement foncier communal. La volonté politique de la mairie ne dépendra pas ici du bailleur social, l’Opievoy, qui a accepté la demande de la ville sur le lancement de la réflexion visant à « proposer une nouvelle structure urbaine s’intégrant parfaitement dans le tissu pavillonnaire environnant. »

Naïs Debanne, 17 ans, élève au lycée Jules Ferry, habite justement dans cette zone pavillonnaire limitrophe, rue des champs du Four. Elle traverse tous les jours la résidence Paul Brard et pense que « c’est un bon quartier » où « il n’y a pas de problèmes, même le soir. Ce n’est pas un quartier tout bétonné, tout moche, juge la lycéenne. C’est peut-être un peu vieillissant (…) si la ville estime qu’il y en a besoin, ça reste bien qu’il rénove. »