Il a beau produire son deuxième album, son personnage ne lui colle pas encore à la peau. « C’est Dusck, ou Nathan », s’introduit le juste trentenaire avant de nous faire pénétrer dans son home studio. Les internautes, parfois des connaissances, des amis ou sa famille, ont financé cet opus avec leurs propres deniers. Lui vient de recevoir les disques pressés de ce Crépuscule.

Né en 1985 d’une mère médium et d’un père informaticien, Dusck est un adolescent un peu perdu. « Que ce soit la discipline ou la présence, je n’ai pas très bien géré le collège, se rappelle-t-il de ces années-là. Avec mes amis, j’étais toujours à vouloir faire la plus grosse bêtise, des trucs de gamins. »

Arrivé en quatrième, il change de parcours, passe facilement un CAP en alternance, avant une longue période de travail dans les supermarchés. A 25 ans, il décide de reprendre sa vie en main, entre dans une école d’ingénieurs du son, avant de la quitter avant la dernière année :
« Le diplôme n’était pas bien reconnu, contrairement à ce que m’avait vendu l’école », regrette le rappeur.

Côté musique, avant de découvrir le rap, le Vauxois avait une bonne culture de la chanson française. Il était aussi l’un des très nombreux fans de Michael Jackson, dont les posters ornent toujours les murs de son mini-studio d’enregistrement. A 12 ans, sa route croise celle du hip-hop : « J’étais à fond dans le rap de 2 Pac, de Biggie, Dr Dre ou Snoop Dogg. » S’il se plonge également dans les productions françaises, c’est d’abord la West coast américaine qui l’influence, dans ses textes mais surtout dans ses choix instrumentaux musclés.

Comme bien d’autres, il expérimente avec des amis pendant son adolescence. S’il écrit et réfléchit à sa musique, il faudra attendre 2013 avant qu’il ne sorte un premier album autoproduit, qu’il ne promeut pas. « Une ou deux personnes ont aimé et ont proposé de faire de la pub. Ca a dû se vendre à 100 ou 150 exemplaires, c’était vraiment à petite échelle. »

Dusck cherche toujours à ne pas imiter ceux qu’il écoute, tel Youssoupha ou Rhoff côté français : « Je suis forcément influencé, mais j’essaie vraiment de ne pas avoir le flow ou l’instru de quelqu’un d’autre. » Perfectionniste, il n’est jamais vraiment satisfait. « Du coup, je me force à conserver les morceaux que je préfère sur mes albums », note-t-il.

Il admet sans peine l’absence de sampling dans ses choix instrumentaux, au profit de la mélodie qui trahit sa culture de la chanson française. « J’ai fait beaucoup de conneries étant jeune, j’ai vu pas mal de mes amis en faire, je suis très sombre, pourtant, ma vie ne l’a pas été », précise-t-il de textes souvent mélancoliques. Il le promet d’ailleurs à ses auditeurs : le troisième album contiendra aussi des moments de bonheur.