Les maisons de l’enfance et de l’adolescence des Yvelines (Mey) accueillent les mineurs dans des situations d’urgence. Les enfants leur sont confiés, en général pour quelques mois, par la famille ou par le juge à l’aide sociale à l’enfance.

Sur les deux que compte le département, la fermeture de celle de Versailles au profit de nouveaux bâtiments construits à Mantes-la-Jolie était connue, mais l’arrêt prochain de l’activité à la Mey du Pecq, rénovée il y a quelques années pour 11 millions d’euros, suscite l’incompréhension de la CGT et de la CFDT. Les deux bâtiments accolés que sont les futures Mey mantaises ouvriront toutes deux en septembre, l’une étant dédié à l’enfance, l’autre à l’adolescence. Situées rue de la Liberté, elles ont représenté un investissement de 21,6 millions d’euros pour le conseil départemental et comprennent 68 places.

« Le conseil départemental annonce la fermeture non seulement du foyer de Versailles, mais également de celui du Pecq qui vient pourtant d’ouvrir il y a seulement 4 ans, indiquent les syndicats dans un communiqué de presse commun. Au final, les capacités d’accueil vont passer de 84 à seulement 68, soit une baisse de 20 % ! » Les organisations syndicales demandent le maintien de la Mey du Pecq, arguant de l’augmentation de 7 % des journées d’accueil d’une année sur l’autre. « La protection de l’enfance est une mission fondamentale du conseil départemental. Fermer un service qui fonctionne et répondre à des besoins en augmentation, c’est incompréhensible », s’émeut Tristan Fournet, secrétaire de la CGT du conseil départemental.

Les Mey ne sont qu’une petite partie du dispositif départemental, environ 1 600 places étant habilitées pour recevoir les enfants, dans les Mey et d’autres structures associatives ou institutionnelles. « Le problème, c’est que c’est à flux tendu partout, estime le syndicaliste. Plus on rogne, plus on place un enfant à un endroit parce qu’il y a de la place, et non parce que ça répond à sa situation. »

Au conseil départemental, « la fermeture du Pecq est devenue une évidence » ces quatre dernières années, indique la direction de l’enfance, de l’adolescence, de la famille et de la santé, qui détaille : « Le fondement est l’adaptation des places avec les enfants qui nous sont confiés. Concrètement, la difficulté est aujourd’hui d’accueillir les adolescents [plus nombreux qu’avant], pas les petits enfants. » L’ouverture des 18 places de la structure mantaise dédiées à la petite enfance (0 à 3 ans, Ndlr) combleraient aujourd’hui les besoins. Il devenait donc, selon la direction, compliqué financièrement de conserver la Mey du Pecq pour ses places restantes, destinées aux 3 -11 ans : « Peu de contribuables comprendraient que nous gardions un château pour 24 places. »

Conseil départemental : la réorganisation fait grincer des dents

Annoncée en janvier dans une première version aux représentants du personnel, la future réorganisation des services du conseil départemental, destinée à réduire les dépenses de fonctionnement, avait soulevé l’ire de la CGT. « Nous savons qu’il y aura des fermetures de services sociaux et de centres de Protection maternelle et infantile (PMI), mais nous ne savons pas précisément combien et où », note Tristan Fournet, le secrétaire de la CGT du conseil départemental. Il déplore qu’en parallèle, la délivrance de subventions par le Département aux grandes entreprises Yvelinoises continue.

Le président du conseil départemental, le Mantais Pierre Bédier (UMP), s’était adressé en janvier à ses agents sur le sujet, en janvier dernier. « Ma volonté est de rééquilibrer les forces entre territoires, la vallée de Seine a des contraintes beaucoup plus lourdes que d’autres territoires d’action départementale qui se situeraient du côté de Versailles », estimait-il alors.

Photo : Esquisse de la maison de l’adolescence, qui ouvrira ses portes à Mantes-la-Jolie en septembre.