Convoquer la sociologie, la psychologie et la philosophie, « sans faire l’impasse de l’économie », est la volonté du groupe de réflexion éthique du Chips. Réunie le 19 mai à l’hôtel de ville de Saint-Germain-en-Laye, au terme d’une décennie d’existence, cette instance a été créée « pour apprendre à réfléchir et à donner du sens aux soins, en tentant de remettre au centre le patient en tant que personne », selon sa présidente Nadine Davous.

Devant une assemblée composée du personnel soignant, administratif et des étudiants de l’Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) de l’hôpital, différents intervenants ont exposé leurs visions et constats sur des problématiques médicales. En se souciant toujours de mettre en perspective l’interdisciplinarité.

Jean Maisondieu est venu dresser avec beaucoup d’humour les problématiques liées à la maladie d’Alzheimer. Symptôme reconnu auprès de 850 000 personnes au niveau national, selon l’association France Alzheimer, il ne serait « malheureusement » vu aujourd’hui « qu’à travers le modèle médical », d’après le psychiatre et écrivain. « Il y a cette idée générale qu’être vieux ce n’est pas bien (…) Le fait que j’ai l’air bizarre ne fait pas de moi un malade », a défendu Jean Maisondieu, regrettant que le diagnostic d’Alzheimer soit trop souvent réduit à la séniorité.

L’aliénation, trouble mental passager ou permanent rendant l’individu étranger à lui-même ou à la société, peut être un symptôme plus « volontaire » que la démence, d’après le docteur Maisondieu. Ce développement, comme ceux proposés par les autres intervenants durant la journée de conférence, doivent « s’infuser dans le fonctionnement de l’hôpital » afin de proposer le « juste soin » aux patients, avance la présidente de l’espace de réflexion du Chips.