« Cette année il va faire très beau, donc nous aurons de nombreux visiteurs », soutient Hugues Ribault (UMP), le maire d’Andrésy, qui a félicité le travail de ses élus et des services de la ville au service « d’une politique culturelle » ambitieuse, lors de l’inauguration de la nouvelle édition de Sculptures en l’île.

« Andrésy est doté d’un patrimoine environnemental exceptionnel, entre la Seine et l’Hautil », n’a pas manqué de faire remarquer l’édile devant plusieurs conseillers départementaux, le député Arnaud Richard (UMP), les artistes à l’honneur du vernissage et les opposants aux projets d’extension sur l’île Nancy, venus manifester devant les grilles de la maison du Moussel.

Les opposants au projet d’extension de l’île Nancy.
Les opposants au projet d’extension de l’île Nancy.

« Nous sommes là pour des motifs différents, précise Béatrice Bastiani du collectif Trank’île. Certains pour défendre la faune et la flore et d’autres leurs impôts. » Le projet défendu par la municipalité est considéré comme « coûteux et inutile », par Jean-Pierre Gallois, qui habite sur l’île Nancy : « Ils vont aménager des sentiers et faire une zone humide pour attirer des grenouilles et des libellules, alors qu’il y en a déjà en pagaille autour. »

L’extension de la zone accessible de l’île est estimée à 1,4 million d’euros. Elle serait financée pour moitié par le conseil départemental et à hauteur de 30 % par la mairie. « Il y a des nids-de-poule partout dans la ville. L’argent serait mieux ailleurs », soutient un opposant. Le maire ne s’est pas dit fermé à la discussion sur ce projet, envers lequel s’opposent également le groupe d’opposition de droite Andrésy dynamique et surtout les écologistes d’Andrésy énergies renouvelées.

Avant d’embarquer pour l’île Nancy, les artistes Pascal Morabito et Aurèle Ricard ont exprimé leur joie d’être présents à l’occasion de cet événement à Andrésy. Le plasticien issu du courant underground, Aurèle
« Lostdog », n’a, lui, pas manqué d’inscrire son art dans une cause qu’il défend depuis quatre ans.

« Ce qui ce passe à Fukushima dans un silence général, voilà un des combats du chien perdu (lost dog, Ndlr) », a déclaré l’artiste pour alerter contre les centaines de mètres cubes d’eau contaminés par le césium et « déversés tous les jours dans l’océan Pacifique. » Saluant la présence d’élèves de CM1 de l’école des Charvaux, venus recouvrir de leurs dessins le deuxième lostdog, l’artiste leur a décrit l’urgence : « Ce sont surtout vous qui allez pâtir des choix, des non-choix et de notre silence d’aujourd’hui, qui est totalement honteux. »