Il était à l’arrêt depuis plus d’un an, La Gazette est en mesure de révéler que le projet de centre commercial Halle en ville, prévu sur le site mantevillois de l’ancienne usine Sulzer, a été définitivement abandonné par son promoteur, le groupe Hammerson. Les différents partenaires du programme Mantes université souhaitent le lancement d’un nouveau projet de centre commercial, aux dimensions cependant nettement plus modestes.

« Le projet initial de 50 000 m² n’est plus d’actualité,confirme-t-on à l’Etablissement public d’aménagement du Mantois Seine aval (Epamsa). Il n’était pas viable économiquement pour Hammerson, dans le contexte actuel. » Cet abandon est un véritable coup dur pour le quartier qui doit naître du programme Mantes U. Ce dernier, avec plus de 2 000 nouveaux logements, est censé devenir un nouveau pôle urbain, autour de la gare qui accueillera théoriquement en 2022 le RER E.

Compte tenu des contraintes et délais administratifs, le lancement d’un nouveau projet prendra plusieurs années.
Compte tenu des contraintes et délais administratifs, le lancement d’un nouveau projet prendra plusieurs années.

Si le groupe Hammerson retire son investissement, il reste présent dans un rôle de conseil, car les partenaires de Mantes U souhaitent toujours voir se bâtir un centre commercial au sein du quartier en construction. « Nous allons forcément l’adapter, mais nous restons convaincus de la nécessité d’un pôle commercial. Hammerson nous permet d’assurer la continuité d’un nouveau projet », indique ainsi l’Epamsa.

Compte tenu des contraintes et délais administratifs, le lancement d’un nouveau projet prendra plusieurs années. Sa surface commerciale devrait être très fortement réduite. Sans attendre, l’Epamsa commencera prochainement la démolition des bâtiments Sulzer autres que la halle, alors que le sol des terrains a déjà été dépollué (voir encadré).

« Il faut y adjoindre une dimension culturelle, ou économique, plus forte, argue d’un hypothétique futur projet Paul Martinez (UDI), président de la Communauté d’agglomération de Mantes en Yvelines (Camy). Les commerces doivent être combinés, sur ce futur quartier, avec des activités économique ou culturelles, tournées vers la jeunesse puisque ce sera un quartier étudiant. »

IUT : alors que le financement est bouclé, le lancement se fait attendre

Le pôle technologique universitaire donne son nom au projet urbanistique, il doit accueillir à terme plus de 1 500 étudiants. Mais le chantier du bâtiment qui devait permettre le déménagement de l’Institut universitaire de technologie (IUT) attend toujours son lancement.

« Le plan financier est bouclé, il ne manque que l’aval du conseil départemental et de l’université de Versailles-Saint-Quentin (UVSQ) » est la réponse entendue de la bouche des autres partenaires institutionnels contactés par La Gazette. Le Département est en effet le maître d’ouvrage du projet.

Les travaux devaient débuter au début de l’année, ils se font attendre. Joints par La Gazette afin de commenter la situation, ni l’UVSQ, ni le conseil départemental n’ont pu nous répondre dans les délais impartis à la publication de cet article.

Un terrain d’expérimentation
pour la dépollution bactériologique

Afin de mener à bien les décontaminations des terrains de la halle Sulzer, l’Etablissement public du Mantois Seine aval (Epamsa) a établi un partenariat avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Le résultat en a été l’expérimentation d’une dépollution directement sur site, sans évacuation des terres contaminées. L’Ademe a apporté 500 000 €, sur le million d’euros nécessaire.

Deux systèmes ont été utilisés en parallèle afin de retirer les hydrocarbures. La biopile consiste à rassembler les gravats en immenses tas, ensuite bâchés et injectés de bactéries se nourrissant des polluants. Le bioventing, lui, est une injection d’air chaud dans le sous-sol d’un secteur pollué, qui se charge d’hydrocarbures avant d’être aspiré au niveau du sol.

Cette expérimentation a été un succès. « La difficulté est qu’il faut avoir le temps, nuance Denis Courtot, directeur de l’aménagement à l’Epamsa. Avec la biopile, par exemple, il faut laisser passer un an ou deux pour que la terre se régénère. Par contre, c’est beaucoup plus conforme au développement durable que de retirer la terre pour la mettre dans une décharge. »