Elles ne datent pas d’hier ! Les vignes de la région parisienne ont produit du vin en grande quantité pendant de nombreuses années, notamment à Argenteuil et à Paris (Sacré Cœur, Ndlr) au XIXème siècle. A Chanteloup-les-Vignes, comme à Triel ou Andrésy, des vignes ont aussi perduré avant le tournant de la guerre 1914-18. Le vin ne pouvait plus être produit intensément par les femmes seules, tandis que les vignes étaient touchées par le phylloxéra. Une maladie qui a décimé beaucoup de cépages en France et aux Etats-Unis, au début du siècle dernier.

Issu d’un cépage hybride et plus résistant à la maladie de la vigne, un vin s’est alors développé à Chanteloup : le Baco. Ce dernier avait « la particularité d’être assez acide » et « très peu traité », précise Michel Barbier, le président de l’Association viticole de Chanteloup-les-Vignes (Avic).

Le développement du commerce et des transports a par la suite favorisé la consommation d’autres vins, notamment du Sud-Ouest, au détriment du vin de la région parisienne. S’il existe encore une cinquantaine de pieds de Baco à Chanteloup-les-Vignes, la municipalité dirigée par Pierre Cardo (UMP) s’était alors engagée, dans les années 2000, à planter de nouvelles vignes. Aujourd’hui, 2 600 m² de terrain et 773 pieds de vignes sont gérés par l’Avic, le long du chemin de la croix de Saint-Marc, à partir de cépages actuelles. « Essentiellement du chardonnay (blanc) et du pinot noir (rouge) », indique Michel Barbier.

Les premiers grains obtenus en 2013 ont malheureusement été abimés par les orages de grêle l’an dernier. Malgré la mauvaise vendange qui a suivi, les cuvés 2013 et 2014 ont pu être dégustées lors de la dernière fête des vignerons. Et le vin chantelouvais, fait en grande partie sans conservateurs, n’a pas à rougir. « Nous sommes en bonne relation avec les producteurs du mont Valérien à Suresnes, géré par un prestataire de service qui nous guide dans la préparation de notre vigne. Nous avons comparé avec eux, et nous sommes sur la bonne pente pour réaliser un vin convenable »,
soutient Michel Barbier.