La plupart des gens mettent du temps, parfois même une vie, avant de savoir ce qu’ils voudront en faire. Matthieu Roda, lui, a su très jeune que la bande dessinée serait sa plus grande passion. Il est aujourd’hui enseignant en arts plastiques ainsi qu’illustrateur-dessinateur, et vient de publier son premier album pour enfants.

« Je dessine depuis tout petit, j’ai toujours eu une passion pour la bande dessinée, se souvient-il. Dès le départ, les enfants essaient parfois de faire de beaux dessins. Moi, même tout petit, je ne cherchais pas à faire le plus beau dessin possible, mais je racontais des histoires avec des cases. C’est venu très vite. »

Son enfance et son adolescence à Limay sont celles de beaucoup de jeunes du Mantois, plutôt tranquille, passant par le collège Albert Thierry et le lycée Condorcet. C’est à Mantes-la-Jolie qu’il s’initie plus avant au dessin, en participant à des cours au centre d’arts Abel Lauvray. La bande dessinée était déjà, à l’époque, un horizon professionnel pour lui.

Le déménagement de ses parents à Evreux (Eure) lorsqu’il a 16 ans n’y change rien, et il s’inscrit dès son bac à l’école des Beaux-arts de Caen. A 23 ans, diplôme en poche, il va habiter à Paris et devient surveillant dans les établissements scolaires : « J’ai toujours voulu avoir du temps pour continuer le dessin à côté, ne jamais lâcher et toujours y travailler. »

Quelques années plus tard, il devient professeur d’arts plastiques. Hasards de l’Education nationale, sa première année se déroule dans un établissement mantais, le lycée Jean Rostand.

Il y restera un an, le temps de créer un club BD. « J’en garde un bon souvenir. Je connaissais la ville, j’étais content de revenir, et le contact avec les élèves était très chouette », se remémore le dessinateur de 32 ans.

D’affectation en affectation, Matthieu Roda déménage à Niort (Deux-Sèvres) il y a trois ans. Toujours professeur d’arts plastiques, il passe à mi-temps et développe des cours de bandes dessinées pour enfants et adultes dans sa commune d’adoption.

Membre d’un collectif de dessinateurs à Paris, Nekomix, il emporte un prix au festival d’Angoulême avec deux planches incluses dans leur dernière production collective, abordant la mythologie égyptienne. Alors, il construit ensuite un album complet sur ce thème, à destination des enfants, et publie finalement Râ et compagnie le 6 mai dernier.

Comme il le faisait étant petit, il continue de soigner histoires et textes. « J’essaie de faire quelque chose de coloré, de positif, explique-t-il de son album. C’est pour les enfants, mais il y a un second degré avec un autre niveau de compréhension. Je pense que les bonnes BD jeunesse restent symapthiques à lire en tant qu’adulte. »