Lors de son traditionnel déjeuner mensuel à destination des chefs d’entreprise, le Groupement interprofessionnel de la région (Gir) a invité des responsables bancaires pour venir parler des fraudes extérieures dont peuvent être victimes leurs sociétés. Ils ont mis en garde les présents contre les arnaques s’appuyant sur l’ingénierie sociale.

« Moi, patron de la filiale d’un grand groupe, je me disais que ça ne pouvait pas m’arriver, je ne travaille pas avec le grand public, a introduit le nouveau président du Gir Stéphane Windsor. Pourtant, ces derniers mois, ma société a été victime de trois tentatives, et les fraudeurs sont particulièrement inventifs ! »

«  L’ingénierie sociale, c’est une forme de délinquance qui consiste à manipuler quelqu’un dans votre entreprise pour l’amener à faire des opérations de virement », explique Aline Bonsergent, spécialiste de la Société générale. Dans l’enregistrement qu’elle diffuse ensuite, un escroc tente de pousser un salarié à opérer un virement… en imitant la voix de son patron.

Pour éviter de telles situations, les banquiers recommandent la mise en place de procédures systématiques pour les opérations sensibles. Surtout, ils pointent l’absolue nécessité de communiquer avec ses salariés sur le sujet. Et, quand il est trop tard, celle de prévenir banque et police.

« Les gens hésitent à en parler, à demander conseil, car ils se disent qu’on va les voir comme des gens non professionnels », indique ainsi Xavier Amouret, directeur de l’agence Société générale de Mantes-la-Jolie. Sans oublier qu’une telle démarche aboutit forcément à un examen approfondi, afin d’écarter l’hypothèse d’une fraude interne à l’entreprise qui reste beaucoup plus répandue.