Douze associations ont été choisies par le conseil départemental pour renforcer, de manière exceptionnelle, l’action sociale dans les quartiers prioritaires pour la politique de la ville dans la commune. Elles devront désormais se passer de tout contrat d’animation ou d’ateliers avec la mairie, et notamment avec ses Centres de vie sociale (CVS), sur instruction du maire Cyril Nauth (FN).

Vendredi dernier, à l’Espace territorial d’action sociale et médico-sociale, une structure départementale située dans le quartier des Merisiers, l’ambiance était plutôt à la fête. Douze présidents d’associations étaient en effet invités par le conseil départemental des Yvelines à signer un Contrat local exceptionnel de solidarité, afin de bénéficier de subventions.

Les agents de mairie ont été chargés d’exclure systématiquement les associations ayant signé ce partenariat avec le conseil départemental.
Les agents de mairie ont été chargés d’exclure systématiquement les associations ayant signé ce partenariat avec le conseil départemental.

« Vous allez avoir l’obligation de vous mettre dans l’action auprès de vos concitoyens, mais il n’y a pas d’obligation politique, a précisé le président du conseil départemental Pierre Bédier (LR, ex-UMP). Je regrette de signer ce contrat. Nous sommes obligés de faire plus que notre travail quand des élus ne le font plus suffisamment, par incompétence ou idéologie. »

Vaches maigres pour les associations

A son arrivée au pouvoir l’an dernier, l’une des premières décisions de la nouvelle majorité FN avait été de baisser uniformément les subventions de 20 % pour toutes les associations de la commune en bénéficiant. Un choix qu’elle n’a pas réitéré, préférant des propositions bien plus sélectives.
Ainsi, en 2015, si la plupart des associations conservent la même subvention qu’en 2014, cela n’a pas été le cas pour toutes. Les syndicats et la Ligue des droits de l’homme ont ainsi tout perdu, tandis que la subvention attribuée au FC Mantois a été abaissée de 75 %.

Les objectifs du partenariat ? Favoriser l’insertion professionnelle, la mixité sociale et intergénérationnelle, la médiation au collège, prévenir le décrochage scolaire et former les associations aux règles de gestion. Un Comité de coordination, géré par le conseil départemental, est censé veiller à l’efficacité des actions subventionnées.

La réponse de la majorité FN ne s’est pas faite attendre longtemps. En effet, une consigne écrite a été donnée au personnel municipal : celle de ne plus jamais, à l’avenir, retenir ou solliciter l’une des douze associations concernées dans le cadre d’animation ou d’ateliers communaux, en particulier ceux organisés par les Centres de vie sociale (CVS).

« La commune prend acte de ce qui s’est passé vendredi. Puisqu’elles préfèrent travailler avec le Département plutôt qu’avec la commune, nous allons vivre ensemble, mais séparément, commente Cyril Nauth de sa décision. La ville va pouvoir se désengager, pour réaliser des économies et ne pas dépenser inutilement de l’argent.»

Les douze associations signataires… et exclues

Les dynamiques, Relais citoyen, Tous ensemble, Authentik 78, Ramdam slam, Jeunes sans frontières, Villa joie, Les médiateurs du Mantois, Réflexion action citoyenne, Ecole culture et handicap, Urban médiation, La toile.

LFM : le bus radio privé de happening

La radio associative LFM, basée au Val fourré (et partenaire de La Gazette, Ndlr), avait prévu, à la veille de la fête de la musique, de passer avec son bus musical à Mantes-la-Ville, comme dans bien d’autres communes de la vallée de Seine. A chaque arrêt de 30 minutes, des shows de danse, des lives acoustiques et des freestyles étaient au programme.

Mais la mairie mantevilloise vient de lui refuser l’autorisation de stationner pendant son happening. « A notre grand regret, Mr Cyril Nauth a refusé que sa ville participe à cet événement, sans explications claires et précises, indique ainsi LFM dans un communiqué. « Cette intiative n’engendre aucun frais de la part des communes », est-il également signalé.