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A quoi vont servir ces objectifs de développement durable ?

En 2000, les Etats se sont engagés pour la première fois dans une politique commune visant à combattre la pauvreté sur la base de huit objectifs recouvrant les grands enjeux humanitaires : éducation, santé, faim, accès à l’eau et à l’assainissement…

Les résultats de cet engagement sont tangibles : le taux de scolarisation atteint désormais 91%, 1 milliard de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté en 15 ans. Malheureusement, ces données n’effacent pas totalement les inégalités, l’Afrique en particulier n’a pas comblé totalement son retard. Il faut continuer les efforts, ce que les Nations Unies viennent de confirmer à travers 17 Objectifs de Développement Durable qui prennent aussi en compte la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de l’environnement, ce qui implique tous les pays, et pas seulement les pays les plus pauvres.

Mais l’environnement, n’est-ce pas quelque chose qui préoccupe surtout les pays riches?

La préservation de l’environnement est une préoccupation qui concerne l’ensemble de la communauté internationale. On en parle sans doute plus chez nous, mais c’est aussi une priorité pour les pays du Sud : comment lutter contre la faim si le climat ne permet plus de cultiver ? La pauvreté et l’environnement sont liés, et nos pays riches ont leur part de responsabilité dans ce qui se passe dans les pays pauvres. Et qui peut croire ou faire croire qu’à un horizon de vingt ou trente années, nos villages, nos villes, notre pays pourraient rester prospères et protégés si le reste du monde vit dans la misère et dégrade notre environnement commun.
Nous en connaissons déjà la démonstration avec les migrations économiques qui augmenteront demain avec les dégradations de l’environnement. Et n’oublions pas les mouvements radicaux et les obscurantismes prospèrent toujours lorsque la situation économique se dégrade et que les populations n’ont plus accès aux services de base (santé, alimentation, éducation, eau, assainissement).

Les ODD concernent les Etats : mais que se passe-t-il au niveau local ?

Les ODD sont un processus global qui intègre une multitude d’acteurs à différentes échelles. Ils ne seront atteints que s’ils sont pris en charge à la base par les collectivités locales et cela quel que soit le niveau de développement des pays. Il est en effet important de rappeler que le développement durable commence à petite échelle, par des initiatives locales, de proximité.

Et la coopération décentralisée entre communes et l’implication des associations de solidarité sont des outils de premier plan pour la réussite des ODD. C’est pourquoi le Département des Yvelines développe une aide importante à ces actions de solidarité en y consacrant 1 euro par an et par habitant, une aide qui permet d’appuyer les collectivités locales des pays en développement, qui vient aussi améliorer concrètement la vie dans de nombreux villages isolés.

Je tiens à ce sujet à rappeler le rôle positif des migrants établis en France, qui dédient une part significative de leurs revenus à soutenir leur village d’origine avec des projets dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’eau potable, de l’agriculture. Les fonds qu’ils mobilisent en France sont même supérieurs à l’aide publique française au développement ! Depuis 2007, les associations de migrants yvelinoises ont ainsi investi avec l’aide du Conseil départemental près de 6 millions d’euros dans des projets, évitant sans aucun doute de nombreux drames humains.