Quel est votre bilan de l’année passée à la direction de l’Epamsa ?

C’était vraiment une année de transition pour tout le monde, avec la création d’une grande intercommunalité, et pour la stratégie de l’Etat. L’institution a eu des difficultés à se positionner par rapport aux enjeux des uns et des autres. J’ai bâti une stratégie transitoire, pour continuer d’assurer nos missions en Seine aval. L’axe le plus important est que l’Epamsa continue d’être la porte d’entrée des actions sur le territoire, comme pilote et comme coordonnateur.

La paysage institutionnel change, mais nous n’avons pas attendu que la nouvelle communauté urbaine se crée pour continuer à faire le job, même si nous étions dans un paysage plus que mouvant et incertain. Nous avons aidé les collectivités à bâtir de nouveaux Contrats de ville, et nous avons développé de nouvelles opérations d’aménagement sur Chapet, Ecquevilly, ainsi qu’au quartier de la gare à Epône.

Et au niveau des finances, décriées par les élus locaux ?

Lorsque je suis arrivé, la trésorerie était négative de cinq millions d’euros, elle est positive de la même somme à mon départ. Cela faisait partie de cette stratégie transitoire, nous avons maximisé les ressources en répondant aux appels à projet de l’Etat ou de l’Europe. Nous avons restructuré l’établissement, des départs n’ont pas été renouvelés. Enfin, des travaux ont été reportés et les comptes toilettés, afin de nous concentrer sur l’essentiel.

Comment voyez-vous aujourd’hui le boycott des élus depuis votre arrivée ?

Il y a eu un grand renouvellement des élus sur le territoire, avec beaucoup de nouveaux maires, ce qui explique peut-être le contexte compliqué et une certaine méfiance vis-à-vis de l’établissement. Je pense que j’ai réussi à aplanir les relations sur le fait que l’institution et l’Etat les écoutaient, et construisaient avec eux, non pas contre eux. C’est le message que je porterai à son successeur. Les maires du territoire, qui sont les élus qui le vivent pleinement, l’ont compris, et certains me l’ont dit.

Comment envisagez-vous l’avenir de l’Epamsa ?

A partir du moment où il y aura une communauté urbaine (issue de la fusion de six intercommunalités, Ndlr), l’établissement a vocation à muter, à évoluer, c’est d’ailleurs pour moi la preuve de la réussite de l’Opération d’intérêt national (OIN). L’Epamsa doit devenir, à terme, l’outil de la communauté urbaine.

Mais je ne suis pas dans l’idée que ça doive être intégré à la communauté urbaine. Ses élus doivent être présents au conseil d’administration, mais l’Epamsa doit en rester indépendant, et ne pas en devenir un service ou y être intégré. Il faut que la structure soit externe à la communauté urbaine, pour garder son expertise, son rôle de conseil, et soit efficace au niveau des projets.

La prochaine mutation sera à l’échéance 2020. Les opérations montent en puissance financièrement, en 2020, la communauté urbaine aura un outil sécurisé et opérationnel, ce qui serait de bonne politique pour les élus. L’Etat partage ma position et mon avis, c’est la base de la négociation pour les élus du territoire.

Fin du boycott des élus locaux ?

Depuis la nomination de Didier Bellier-Ganière par l’Etat à la tête de l’Etablissement public d’aménagement du Mantois Seine aval (Epamsa), les élus yvelinois, non consultés, boycottaient son conseil d’administration en guise de protestation. A l’origine de cette fronde, le président du conseil départemental Pierre Bédier (LR) s’est dit satisfait de ce départ et a indiqué que les élus seraient présents lors du prochain conseil d’administration.

« Nous attendons que l’Etat clarifie sa gestion, qui nous paraît pour le moins dispendieuse et déséquilibrée, et qu’il organise le transfert de ses activités vers la communauté urbaine (issue de la fusion de six intercommunalités de la vallée de Seine, Ndlr) puisque cela sera de sa compétence », estime-t-il également. Le conflit avec l’Etat autour de l’Epamsa ne semble donc pas près de s’éteindre.