Lors de son installation à Andrésy, il y a cinq ans, Cécile Dupuis quitte un travail bien rémunéré et l’ambiance parisienne. Cette graphiste de haute volée, en parallèle de la naissance de deux enfants, se lance dans une carrière d’artiste-portraitiste. Les oeuvres résultant de ces années d’expérimentation picturale sont exposées jusqu’à la fin de la semaine à l’Espace Julien Green andrésien. « Il faut être réaliste avec la peinture, je ne gagnerai pas ma vie comme ça, lâche-t-elle, pince-sans-rire mais sans regrets. Ca faisait partie des choses que j’avais envie de faire, j’ai eu des années de rêve, j’habite dans un endroit magnifique, je travaillais peu et je m’occupais de mes enfants en bas âge. »

Cette lyonnaise d’origine se dirige dès son plus jeune âge vers les arts graphiques, dans sa famille où la peinture a une place prépondérante. « C’était un truc très précis : je voulais être maquettiste de journaux à neuf ans, se souvient-elle. Plus tard, j’ai réussi à entrer dans une école pour le devenir. » A sa majorité, elle monte à Paris et entre à l’école Olivier de Serres, qui enseigne les arts appliqués et des métiers d’art. A sa sortie, Cécile Dupuis entame une vie professionnelle dans une agence de communication pour une quinzaine d’années.

En parallèle, déjà, se manifeste son intérêt pour l’enseignement, avec des cours à l’université et dans des écoles. « Il n’y a rien de mieux que de transmettre sa passion, de voir l’évolution d’un étudiant qui en septembre, ne sait quasiment rien faire, et qui arrive à créer à la fin de l’année », se remémore-t-elle avec le sourire. Sa vie change radicalement lorsqu’avec son mari, ils ont un coup de foudre pour Andrésy en cherchant un nouveau logement. Deux naissances suivent coup sur coup leur emménagement. Sa vie change : « Comme beaucoup de femmes ayant des enfants, on ne fait pas la même carrière après. En habitant à Andresy, on a aussi moins envie d’aller à Paris. »

Elle se recentre alors sur l’enseignement supérieur et se lance comme portraitiste, dans un style qui mêle peinture et image numérique. Après quelques années, l’expérience ne s’avère pas concluante financièrement. La quarantaine passée, elle s’est dirigée vers la carrière d’institutrice, qu’elle comptait embrasser si, adolescente, elle n’avait pas été reçue à l’école Olivier de Serres. Elle n’en a pas pour autant oublié les arts graphiques, qui sous-tendent toute sa vie. « J’ai de beaux projets avec les élèves, je souhaiterais porter cette année un dessin animé adapté d’un poème de Jacques Prévert, Pour faire le portrait d’un oiseau », assure Cécile Dupuis, dont la vie a décidément bien chagé depuis son départ de Paris.