Exclusivement localisé dans neuf communes du Mantois, MYH gère plus de 2 200 logements sociaux, et s’est fait le spécialiste des réhabilitations dans les villages. Mantes en Yvelines Habitat (MYH) y expérimente plusieurs solutions destinées à économiser l’énergie, du solaire thermique au gaz propane enterré en passant par la pompe à chaleur géothermique. « Nous sommes un bailleur un peu atypique, nous intervenons à la demande des communes, là où d’autres n’iraient pas forcément, observe la directrice de MYH, Françoise Quintin. Quand nous construisons en milieu rural, nous n’avons pas de ressources en énergie disponibles comme dans les centres urbains, à l’image du réseau de chaleur à Mantes-la-Jolie. »

Si MYH privilégie systématiquement les équipements de chauffage collectif, « car nous maîtrisons mieux les charges », il ne se restreint pas et explore toutes les voies qui lui semblent pertinentes. « L’énergie est une grosse part des charges sur les opérations neuves et le patrimoine existant », expose la Directrice.
A Fontenay-Mauvoisin, un ancien corps de ferme reconverti en quinze logements sociaux sera chauffé par la géothermie, tandis qu’une réhabilitation-reconversion à Guerville possède des ballons d’eau chaude thermodynamique individuels (pompe à chaleur, Ndlr).

Mais c’est le gaz propane stocké dans une cuve enterrée qui fait actuellement l’objet d’une expérimentation par le bailleur social. L’opération, qui a concerné deux bâtiments, à Guerville et à Drocourt, est menée en partenariat avec le Comité français du butane et du propane, qui finance partiellement la chaufferie gaz guervilloise. « Les cuves à gaz propane enterrées présentent des avantages intéressants en termes de performance énergétique, et c’est l’une des solutions les moins émissives en CO2, relate Françoise Quintin. Mais nous devons être toujours attentifs pour avoir le meilleur prix, car il suit le cours du pétrole. »

Le bailleur continue ses efforts pour baisser les charges

Le gaz propane stocké en cuve enterrée est testé dans ces logements à Drocourt.
Le gaz propane stocké en cuve enterrée est testé dans ces logements à Drocourt.

Les loyers des logements de Mantes en Yvelines Habitat (MYH) n’augmentent quasiment pas, la hausse moyenne étant ainsi de 0,03 % cette année. Mais les charges payées par les locataires, elles, peuvent croître dans des proportions plus importantes, car elles sont entre autres liées aux tarifs de l’eau, de l’énergie et du ramassage des déchets encombrants.

« Les charges ne doivent pas exploser, c’est important pour nos locataires qui sont des personnes modestes », explique Françoise Quintin, directrice de MYH. Ces dernières années, le bailleur social a mis l’accent sur les consommations d’eau et de chauffage.

Tous les immeubles de MYH sont désormais équipés de compteurs individuels d’eau chaude et froide, installés en 2013. « Nous avons constaté une baisse de 10 % sur les consommations globales d’eau, se réjouit la Directrice. L’objectif est d’aller le plus loin possible. »

L’ensemble des nouvelles constructions intègre aussi un comptage des calories du chauffage pour chaque logement, ce qui rend compatible économies individuelles et mode de chauffage collectif. « Cela nous permet de répartir les charges de chauffage et ne faire payer aux gens que ce qu’ils ont consommé, dans une plage de températures de 18°C à 22°C », indique Françoise Quintin.

Le prochain défi du bailleur social pour limiter le coût des charges concerne la collecte des ordures ménagères. «Lorsqu’il y a trop de déchets devant les immeubles, il faut les évacuer, ce qui a un coût. Avec la baisse des fréquences de collecte, il faut en produire moins, c’est une nouvelle culture.»