Le parc municipal refait parler de lui : jeudi 5 novembre, la majorité trielloise proposera au conseil municipal de le déclasser, étape indispensable dans l’optique d’une vente à un promoteur privé. L’objectif est d’y construire environ 140 appartements. L’opposition municipale proteste et a lancé une pétition sur internet contre le projet. Déjà, en 2012, une première tentative de déclassement de cet espace comprenant quatre courts de tennis découverts avait été proposée au conseil municipal, qui ne l’avait à l’époque pas adoptée. Au début du mois d’octobre, c’est par un arrêté de fermeture définitive du parc que le second essai municipal de déclassement s’est fait connaître des habitants.

« Ce parc municipal ne l’est que de nom, estime le maire DVD Joël Mancel. Personne ne le fréquentait à part des tennismen. Il ya même des Triellois qui ne savent pas qu’il existe ». Lui avance deux raisons principales à la vente de ce parc de 14 000 m² : « Il fallait rapprocher les deux structures tennistiques », argue-t-il d’abord, lui qui fut longtemps président du club triellois. L’utilisation des courts avait en effet empêché le déclassement en 2012. Depuis la rentrée, le club dispose de quatre courts découverts à côté de ses deux courts couverts, un chantier de presque 730 000 €, pour lesquels la mairie ne pouvait bénéficier de subventions, assure le premier magistrat en réponse à une critique formulée par son opposition.

Avant toute chose, le maire triellois pointe des raisons budgétaires à cette vente. « Déplacer les tennis permet de vendre ce patrimoine, comme toute ville est aujourd’hui obligée de faire dans un contexte de baisse des dotations », estime ainsi Joël Mancel. Il espère vendre ces terrains pour 4,5 à 4,7 millions d’euros, au-dessus de l’estimation faite il y a quelques années par le service des Domaines, et ainsi pouvoir financer d’autres investissements : « L’idée est d’avoir, après paiement des tennis, quatre millions d’euros en réserve pour d’autres infrastructures ». Il envisage la création d’un terrain de football synthétique, et une participation communale à une future maison de santé.

Si le déclassement est voté le 5 novembre, le choix du promoteur et la vente se feront de gré à gré. « J’attends un projet sympathique, de qualité, qui réserve une place suffisamment importante au milieu naturel, précise Joël Mancel. La partie basse devra être construite, et la section haute, en fort dénivelé, restera en partie naturelle. » Le projet devra également comporter au moins 30 % de logements sociaux, une obligation légale (voir encadré).

Pour son opposition municipale, cette vente est inacceptable. « C’est un poumon vert en plein centre-ville, note ainsi Philippe Paillet, riverain du projet, opposant de toujours de la liste Réagir pour Triel, et président de l’association des Amis de Triel. Ces trente dernières années, les différents maires n’ont jamais rien fait pour lui. »Philippe Paillet craint également une nouvelle augmentation de la circulation sur un axe et un centre-ville déjà très fréquentés. Déjà auteur d’une contestation en justice en 2012, lors de la première tentative de déclassement, il en a lancé une seconde la semaine dernière. Enfin, une pétition en ligne qu’il a créée rassemble pour le moment 240 signatures.

Une course aux logements sociaux

Depuis l’instauration de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains, dite loi SRU, en 2000, la commune paie chaque année de lourdes pénalités liées à la faible proportion de logements sociaux sur son territoire. En 2015, ce sont ainsi 230 000 € que la commune devra verser en guise de compensation.

Placée sous surveillance, la municipalité devait ainsi bâtir 181 logements sociaux d’ici à 2017, un objectif qui devrait être rempli, permettant de diminuer les pénalités. Par contre, pour arriver au taux de 25 % d’habitat social, qui permet d’échapper totalement aux sanctions, ce sont pas moins de 1 000 logements qui devront être construits d’ici à 2025.