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Les 500 premiers jours du FN chroniqués

Dans Ma ville couleur bleu marine, juste publié aux éditions Flammarion, quatre journalistes racontent les 500 premiers jours de trois communes aux majorités FN : Fréjus, Hénin-Baumont…
et Mantes-la-Ville, chroniquée par les deux journalistes de l’édition locale du Parisien, Maxime Fieschi et Mehdi Gherdane.

« Le postulat de base était de traiter la chose comme on traiterait l’actualité dans notre titre », détaille Maxime Fieschi. « Avec un peu plus de bruits de couloir, de couleur et de commentaire », complète son collègue. Ils reviennent longuement sur le projet de mosquée, auquel la nouvelle majorité est férocement opposée et qui anime la vie locale depuis deux ans maintenant.

« C’est moins dans les investissements que dans les coupes budgétaires qu’on perçoit l’idéologie, notamment concernant les associations, estiment les deux journalistes. En termes politiques, Cyril Nauth demeure assez isolé localement. Mais le combat anti-FN semble difficile à mener, les opposants ne savent pas sur quel terrain se placer : doit-il être politique, social ou administratif ? »

L’AMMS propriétaire de l’ex-hôtel des impôts… pour le moment

La bataille juridique entre la majorité FN mantevilloise, la préfecture et l’Association des musulmans de Mantes Sud (AMMS), autour de l’ex-hôtel des impôts que cette dernière veut acheter pour la transformer en salle de prière, a connu une fin très provisoire jeudi dernier.

L’AMMS a en effet signé l’acte définitif d’achat à la Communauté d’agglomération de Mantes en Yvelines (Camy), propriétaire du bâtiment. Cette vente a été permise car pour l’instant, la tentative de préemption du lieu par la mairie, qui avance la volonté d’y déménager le poste de police, s’est soldée par des rejets au tribunal administratif, en attendant un jugement sur le fond.

« Pour nous, c’est un soulagement, nous passons à la concrétisation de ce projet, analyse Abdelaziz El Jaouhari, président de l’AMMS. Les prochaines étapes sont l’aménagement du local pour y déménager ( de l’actuelle salle de prière, Ndlr) le plus rapidement possible, avec une ouverture dans les prochains mois. »

Cyril Nauth (FN), le premier magistrat, ne cache pas sa colère.
« Ca ressemble à un joli coup de com’ quelques jours avant notre meeting pour les régionales (qui s’est tenu mardi, après l’impression de cette édition, Ndlr), estime-t-il. Que la Camy se soit livrée à ce petit jeu m’interroge, ce qui rendra définitive la décision est bien la justice. »

Les socialistes à la (re)conquête des Mantevillois

« En me présentant, j’avais dans l’idée de remobiliser tous nos militants, parce qu’après les élections, ça a été très difficile de se reconstruire, de se rassembler », explique la nouvelle secrétaire de section, Julie Ferry.
« En me présentant, j’avais dans l’idée de remobiliser tous nos militants, parce qu’après les élections, ça a été très difficile de se reconstruire, de se rassembler », explique la nouvelle secrétaire de section, Julie Ferry.
Si la division de la gauche au second tour des élections municipales ont causé la défaite des socialistes, elle a aussi engendré un véritable exode militant. Aujourd’hui en meilleure forme, la section PS mantevilloise veut repartir à la conquête des électeurs et des sympathisants. Elle lance une campagne de tracts et d’affiches dénonçant certains aspects de la politique menée par le FN. « En me présentant, j’avais dans l’idée de remobiliser tous nos militants, parce qu’après les élections, ça a été très difficile de se reconstruire, de se rassembler, explique la nouvelle secrétaire de section, Julie Ferry. Nous savions être attendus, car nous n’avions pas fait, depuis les élections, de campagne de tracts sur ce que M. Nauth faisait ou ne faisait pas. » La campagne de distribution des brochures, et de collage des affiches de cette campagne anti-FN, devrait commencer dans une à deux semaines. Chaque boîte aux lettres mantevilloise devrait être distribuée. En attendant, les socialistes étaient dès ce week-end en campagne dans la commune, mais pour les élections régionales cette fois-ci.

D’importantes réductions d’effectifs à venir

L’importante proportion d’arrêts-maladie au sein de la police municipale a largement été pointée du doigt par l’opposition municipale ces derniers mois. La situation pourrait être généralisée au sein de l’ensemble du personnel municipal, témoin d’une ambiance dégradée.
« J’ai eu l’occasion de me rendre au service de l’urbanisme, de nombreux bureaux sont vides, la seule personne présente étant complètement débordée et dépassée », relate concrètement la nouvelle secrétaire de section du PS local, Julie Ferry.

« On sent que c’est beaucoup plus tendu aujourd’hui qu’il y a quelques mois. Est-ce le fait de la baisse des effectifs ou de son autoritarisme légendaire, qui font qu’il y a plus d’absents ? », s’interroge de son côté Eric Visintainer (LR), conseiller municipal d’opposition. « Il y a un profond malaise dû au manque de reconnaissance, le maire ne salue plus personne », estime pour sa part l’ancienne maire Monique Brochot (PS). Cette dernière regrette par ailleurs que « les représentants du personnel ne jouent absolument pas leur rôle ».

Le premier concerné, le maire Cyril Nauth (FN), rejette en bloc ces propos. « Ce n’est pas une accusation crédible, il suffit de regarder la ville pour constater qu’elle n’est pas à feu et à sang, estime-t-il ainsi. Je trouve ça particulièrement déplacé de la part de mes prédécesseurs ». Il indique par ailleurs qu’il présentera prochainement « des économies absolument spectaculaires sur le fonctionnement, et la masse salariale en particulier ».

La réserve parlementaire finance des associations

La députée de la circonscription, Françoise Descamps-Crosnier (PS), a décidé cette année d’attribuer une partie des fonds de sa réserve parlementaire, dont chaque député dispose, afin d’aider des projets portés par des associations mantevilloises « qui travaillent à la promotion de la citoyenneté et à l’implication des habitants dans la vie publique ».

Les associations concernées sont Oppelia IPT, le Cric, Réflexion et initiatives citoyennes (Rac), La toile, Zodiaque sport culture ainsi que la Chorale et caetera. Elles ont reçu au total environ 60 000 €.

La fin probable des éducateurs de rue

Les éducateurs de l’association Insertion, formation, éducation et prévention (Ifep) pourraient bien ne plus arpenter les quartiers défavorisés de Mantes-la-Ville l’an prochain. La majorité municipale FN envisage en effet de ne pas reconduire son financement. Les raisons avancée ? Le coût d’abord, l’efficacité de l’action des éducateurs ensuite, et enfin les relations exécrables avec le conseil départemental.

Depuis, 2010, l’Ifep est présente dans trois quartiers prioritaires mantevillois. Elle vise à l’insertion des jeunes déscolarisés ou éloignés des assistances sociales existantes. L’association est payée à travers une convention pluriannuelle financée aux trois quarts par le conseil départemental des Yvelines, le reste, soit 68 000 € par an, étant à la charge de la commune.

« Au-delà du fait que je ne suis pas toujours convaincu du résultat et de l’intérêt de ce type d’associations, c’est surtout le coût assez important qui m’interroge, justifie le maire Cyril Nauth. De l’avis de mes services, ils n’étaient pas forcément très présents cette année sur le terrain. En matière de médiation et de prévention, je préfère faire confiance à des policiers municipaux. »