A 59 ans, cet Achérois de naissance a déjà bouleversé plusieurs fois sa carrière professionnelle. Cabinet d’expertise comptable, filiale de multinationale russe, grosse PME régionale : toutes les décennies, il évite la lassitude en découvrant de nouveaux rouages du monde de l’entreprise. Depuis quelques mois, c’est désormais au sein de trois petites, voire très petites entreprises qu’il partage son temps. Le sourire facile et la parole aimable, Luc Gourmelen nous reçoit dans son pavillon pisciacais… faute d’avoir désormais un bureau fixe, lui qui divise désormais ses semaines entre différentes PME locales. De quoi satisfaire un homme curieux, qui conçoit son rôle comme celui du sparring-partner du petit patron.

« Avant toute chose, le principe est de bien entrer dans l’activité de l’entreprise, ce qui nécessite un investissement de ma part au départ, pour comprendre comment elle fonctionne, mais aussi quelles sont les attentes du chef d’entreprise, expose Luc Gourmelen. Ensuite, avec un peu d’expérience, il est facile de mettre en place un cahier des charges. » Le directeur administratif et financier, couramment abrégé en Daf, est le roi du tableau de bord et le gardien de la paperasse. C’est lui qui explique à l’entrepreneur les conséquences financières des choix qu’il peut faire, lui aussi qui permet d’être payé à l’heure par les clients, lui enfin qui s’occupe des rapports avec assureurs, banques, avocats ou comptables.

Jeune adulte, après des études en droit et en sciences économiques, Luc Gourmelen choisit la comptabilité qui l’amène sans surprise à travailler au sein d’un cabinet d’expertise-comptable, puis d’audit. Mais il finit par se lasser de ce rôle de consultant, vite arrivé, vite reparti. Il est embauché chez la filiale française de Lada, le groupe automobile russe bien connu. « J’avais besoin d’avoir une activité plus opérationnelle, d’être véritablement au coeur de l’entreprise et de participer, analyse-t-il de son choix. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi des tailles d’entreprises où j’étais très proche du dirigeant, où j’avais une vision totale. Je ne supportais pas d’être déconnecté de la décision. »

Une décennie après, il choisit de rester dans l’automobile, à l’intérieur d’une grosse PME de plusieurs centaines de salariés. S’il continue de vivre à Poissy, c’est dans l’Est du pays qu’il travaille. « Je partais le lundi et revenais le vendredi chaque semaine, c’était une vie un peu austère », se souvient-il, pas mécontent de travailler aujourd’hui près de chez lui. Son échelle est maintenant celle des PME et start-ups de la vallée de Seine : « Le principe est d’aider le dirigeant à se concentrer sur son coeur de métier et à rompre son isolement ». Jusque-là, le bouche à oreille, indispensable pour ce rôle d’homme de confiance, lui a été bénéfique.