Six stations de covoiturage sont en train d’apparaître sur le territoire local. Ainsi, Les Mureaux, Flins-sur-Seine, Vaux-sur-Seine, Oinville-sur-Montcient, Hardricourt et Chars (Val d’Oise) doivent accueillir les premières bornes. Avec elles, une expérimentation de deux à trois ans est envisagée afin d’analyser les retombées de ce dispositif.

Le principe est simple : un passager se présente à la station de covoiturage et passe commande sur la borne. Il indique sa destination et si le temps d’attente affiché ainsi que le prix lui conviennent, il peut effectuer le paiement par carte bancaire. Alors, n’importe quel automobiliste passant à proximité sera informé du covoiturage potentiel. En effet, des panneaux d’affichage indiqueront la destination ainsi que le prix que le conducteur recevra s’il décide de s’arrêter.

« Actuellement, les sites internet existants fonctionnent très bien sur les longues distances mais sont trop contraignants pour les trajets dédiés au quotidien, a avancé Thomas Matagne-Le Provost, co-fondateur de la société Ecov, créatrice du concept. « On a conçu un système sans incription avec une borne équipée d’une imprimante qui délivre un ticket sur lequel se trouve un code, utile pour le futur conducteur ».

En effet, quand l’automobiliste s’arrêtera à la station de covoiturage pour prendre un passager, celui-ci lui donnera le ticket contenant le code. Dès lors, le conducteur aura 14 jours pour entrer ce code sur le site internet de covoit’ici, de manière à recevoir la somme qui lui est due. L’utilisation de ce service coûtera au passager 12 centimes par kilomètre, 9 centimes étants redistibués au conducteur et 3 centimes pour le fonctionnement. Egalement, 1,99 euros de frais fixes sont à prévoir par mois d’utilisation. Quant au conducteur, il recevra 1 euro tous les 11 kilomètres.

Le concept paraît assez souple. Côté conducteur, pas besoin d’assurance automobile spécifique car la législation encadre déjà le covoiturage lorsqu’il y a un partage des frais. Côté passager, si l’attente est finalement trop longue ou si l’usager préfère prendre le bus, la commande peut être annulée à tout moment.

« On rapproche le covoiturage d’un système de transport classique, a analysé Teddy Delaunay, doctorant au Laboratoire ville mobilité transport et associé au projet. Cela annonce une transition où les usagers participent directement et ne sont plus de simples utilisateurs ».

Les villages délaissés par le service public

Covoit’ici s’adresse avant tout à des populations situées sur un territoire péri-urbain ou rural puisqu’il s’agit de transport en commun peu existant voire inexistant.

« La question du transport est la problématique essentielle des maires ruraux », a précisé Stéphane Jeanne (SE), maire de Oinville-sur-Moncient et délégué aux transports de la communauté d’agglomération Seine et Vexin. Précédemment, la ville avait étudié le transport à la demande, trop coûteux, ainsi que la mise en place d’une ligne de bus, pas assez remplie. Pour ce concept, la communauté d’agglomération Seine et Vexin a ingéré 160 000 euros pour l’installation de cinq stations sur son territoire.

Selon le maire, « ce service public pourrait permettre de maintenir les populations dans le milieu rural », il est ainsi « convaincu que ça peut fonctionner ». L’enjeu principal étant de créer la demande, il faut donc laisser le temps aux yvelinois d’imaginer une nouvelle façon de penser leurs déplacements du quotidien.