Ce sont les deux plus gros hôpitaux de la vallée de Seine, leur direction est aujourd’hui commune, mais leurs situations respectives sont bien différentes. L’hôpital de Poissy affiche une santé retrouvée depuis deux ans (voir encadré). Le centre hospitalier François Quesnay, situé à Mantes-la-Jolie, devrait de son côté afficher en fin d’année un déficit de trois à quatre millions d’euros.

L’hôpital mantais s’apprête donc à entamer la seconde phase de son plan de retour à l’équilibre. L’an dernier, il affichait un déficit d’environ six millions d’euros, pour un budget annuel de 140 millions d’euros. La semaine dernière, les dirigeants de l’institution sont venus en personne expliquer au personnel les conséquences de ce nouveau tour de vis financier.

Une centaine de postes seront supprimés dans les deux ans à venir, par non-renouvellement des départs, alors que 70 postes avaient déjà été retirés cette année, lors de la première phase du plan de retour à l’équilibre. L’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France demande à ce que le budget soit à l’équilibre en 2018.

« La trajectoire est plutôt favorable, le déficit est en baisse, nuance Michaël Galy, directeur commun à Mantes-la-Jolie et à Poissy depuis cet été. Nous équilibrerons la seconde phase du plan entre des perspectives de développement là où c’est possible et où nous en avons besoin, avec une maîtrise des dépenses. »

Au-delà des suppressions de postes, de nouvelles réorganisations interviendront donc l’an prochain. La direction souhaite accélérer le raccourcissement de la durée des séjours à l’hôpital pour les patients, mais aussi améliorer la gestion des lits afin d’optimiser le plus possible le travail des soignants.

Si les médecins, peu concernés par les suppressions de postes, restent plutôt en retrait, le reste du personnel semble se demander comment se déroulera ce renforcement de la chasse au déficit. « Nous voyons bien quelques postes supprimables, mais pas à hauteur de 100 », se demande ainsi Bernard Landais, délégué du personnel FO à l’hôpital, même s’il salue la démarche de dialogue de la direction.

« Les services de soin sont déjà à flux tendu, nous avons des problèmes de fonctionnements alors que les agents font un grand nombre d’heures supplémentaires, et que nous avons un absentéisme élevé, ajoute le représentant syndical. L’équation est que nous n’arrivons pas à mettre en place les ressources face aux besoins. »

La direction de l’hôpital va mettre en place une cellule d’accompagnement social et psychologique pour le personnel. « Le message que j’ai fait passer est que la situation était sérieuse, et qu’il faut la traiter rapidement, raconte Michaël Galy de la réunion avec le personnel. Si nous n’arrivons pas à sortir du déficit, je perçois des risques pour l’établissement, on ne peut donc s’en satisfaire. »

POISSY
Le Chips confirme son redressement

Le Centre hospitalier de Poissy-Saint-Germain (Chips) devrait connaître un déficit de moins d’un million d’euros cette année. L’an dernier, elle affichait un excédent de huit millions d’euros, dont cinq avaient été apportés dans le cadre d’une aide exceptionnelle. L’institution semble aujourd’hui pérennisée après son dernier plan de redressement.

« L’exercice a été plus compliqué en 2015 qu’en 2014, mais l’équilibre financier est à portée de main », expose Michaël Galy, directeur du Chips depuis deux ans. Il se montre plutôt confiant pour l’an prochain compte tenu des circonstances ayant conduit, selon lui, à ce léger déficit sur un budget total annuel d’environ 250 millions d’euros.

« Cette année, en cardiologie, en cancérologie ou en neurologie, l’activité a baissé, soit car il fallait réorganiser, soit car nous n’arrivions pas à recruter, explique-t-il. Depuis novembre, les équipes sont au complet et les services réorganisés, il suffit qu’ils retrouvent leur niveau d’activité de 2014 pour que le Chips ait un budget à l’équilibre. »