Face au bassin musical où sont installées deux manufactures d’instruments à la renommée internationale, Henri Selmer et Buffet-Crampon, la Camy a décidé de lancer un projet de pôle d’excellence. Paul Martinez, son président, l’a annoncé mardi 15 décembre à l’école nationale de musique, de danse et de théâtre de Mantes-en-Yvelines.

« Le projet mûrit depuis plusieurs années mais il était difficile à définir. Avec l’arrivée du numérique, la musique évolue dans sa diffusion mais dans sa création », commence par expliquer Paul Martinez. Consciente de la chance d’avoir sur son territoire deux grandes maisons d’instruments à vent, la Camy s’est lancé le défi de réunir les différents acteurs de cet univers pour construire un projet commun : un pôle d’excellence.

Pour le moment, le projet en est aux prémices. « Grâce à un tel pôle, nous pourrons mieux envisager l’avenir et ses problématiques », confie Jérôme Selmer, président de la maison Henri Selmer. Certes leurs instruments sont mondialement connus cependant avec l’évolution des mœurs téléchargements, composition numérique, imprimante 3D il est nécessaire de se tenir au courant et d’avancer.

« Ce pôle devra répondre aux attentes des acteurs. Ils doivent donc se réunir et s’accorder sur ce qu’ils souhaitent y trouver », précise Paul Martinez, président de la Camy. Les deux groupes Henri Selmer et Buffet-Crampon aimeraient y installer un musée pour leurs instruments. Et surtout, ils espèrent que grâce à leur partenariat avec l’institut technologique européen des métiers de la musique (Itemm), des formations seront plus accessibles pour les jeunes de la région.

En effet, « plus de 700 emplois existent autour de la fabrication de nos instruments. Nous avons conscience que les jeunes ne connaissent pas le panel de métiers que nous pouvons leur offrir. Cependant, concernant la fabrication, elle reste artisanale et la formation se fait sur le long terme auprès des anciens. Avec le pôle, il sera plus facile de leur faire découvrir cet univers », souligne le groupe Buffet-Crampon qui a des antennes au Japon, en Chine ou encore aux Etats-Unis.

Comme tout grand projet de cette envergure, une feuille de route va naître avec en priorité trouver un site pour l’établissement, des fonds, des partenariats, etc. « La Camy va pouvoir contribuer à hauteur de 4 000 000 d’euros, suite à différents projets qui ont été annulés. Après nous souhaitons avoir des aides publiques, européennes comme régionales, et bien sûr venues du mécénat », conclut Paul Martinez. Avec l’arrivée du Grand Paris Seine & Oise, ce pôle va permettre aux élus de tirer leur épingle du jeu et de surfer sur le rayonnement du Grand Paris.