Depuis la validation du projet Ariane 6 il y a un an, tout s’est accéléré sur le site Airbus des Mureaux. Sur un marché international des lanceurs de satellites de plus en plus concurrentiel, l’ambition est grande pour cette fusée, de moindre puissance par rapport à Ariane 5 qu’elle remplacera.

« Nous devons faire en sorte qu’Ariane 6 soit lancée en 2020, avec pour objectif une baisse de 40 % du coût du lancement, avançait ainsi en décembre son directeur Hugues Hemont devant les chefs d’entreprise du Mantois. L’architecture du lanceur n’est pas encore validée, et nous n’avons pas de site qui soit prêt : c’est challenging. »

Ce site aéronautique et spatial de haut vol, emblématique de la vallée de Seine depuis plus de 100 ans, est aussi un peu particulier. « 80 % de l’usine fait du développement : les ressources humaines représentent 80 % de la valeur d’un lanceur, indique Hugues Hemont. Nous sommes sur quelques unités par an, mais nous tentons de nous industrialiser car la compétitivité en dépend. » Pour Ariane 5 et 6 dont il réalise la majeure partie, le site muriautin est complémentaire de l’usine Snecma de Vernon (Eure) qui en fabrique les moteurs à propergols liquides. Mais Airbus développe aussi aux Mureaux les missiles balistiques des sous-marins nucléaires français et le véhicule automatique de ravitaillement de la station spatiale internationale.

L’usine induit environ 400 millions d’euros de commandes en Île-de-France, dont un quart dans les Yvelines. Ces achats sont réalisés à 60 % auprès de PME : « Nous avons des contrats avec de grands groupes, mais la proximité est essentielle en matière de réactivité. »

En 2014, la création de la co-entreprise Airbus defence and space, issue de la fusion d’Astrium (satellites), Cassidian (défense) et Airbus military (transport militaire), avait entraîné une réorganisation accompagnée de suppressions d’emplois. Aujourd’hui, ils sont 2 248 dont une large majorité d’ingénieurs. La moitié habite à moins de 20 km de l’usine.