Beaucoup de machines poussiéreuses, divers boulons traînant au sol et des résidus d’huile mécanique, les anciens entrepôts de Sira Equipements ont pourtant fait l’objet d’une vente aux enchères. Jeudi, une centaine d’intéressés s’est rendue dans la zone industrielle des Cettons pour essayer de flairer la bonne affaire.

« L’entreprise était connue dans le coin et le milieu de la mécanique, a avoué Olivier, entrepreneur sur la commune de Chanteloup-les-Vignes. On est venu faire un petit tour pour voir comment ça se passe ». Certaines personnes étaient dans ce même état d’esprit : piquées par la curiosité.

D’autres au contraire étaient à la recherche d’équipements spécifiques. Les futurs acheteurs avaient parfois roulé de longues heures de Saint-Nazaire, Nantes ou Dieppe. Ces chefs d’entreprises, véritables habitués de ce type d’événement, nous ont alors confié leur surprise de voir une vente aux enchères si peu organisée.

La vente étant prévue à 15 heures, les intéressés ont parcouru les lieux durant une bonne heure afin d’effectuer un repérage préalable. « Je n’ai jamais vu ça, c’est vraiment le bordel ! s’est étonné un accoutumé. D’habitude, les lots sont bien identifiables et c’est quand même plus propre ».

Si plusieurs machines portaient effectivement des étiquettes, l’entrepôt ressemblait davantage à un hangar qui venait d’être laissé à l’abandon. « Ils ont emporté des pièces car tout le bon outillage a disparu », a noté un connaisseur. Une opinion largement partagée : « C’est sûr, il y a eu des vols ou une précédente vente car il ne reste rien de bien ». La société organisatrice SCP Laurent de Rummel a confirmé les soupçons : « Avant la vente aux enchères, les locaux ont été vandalisés ce qui explique l’outillage manquant ».

L’entreprise a affirmé que la vente s’était déroulée sur « une cote mal taillée ». Les raisons invoquées se portaient sur le délai trop court : « En décembre, le tribunal nous a demandé d’organiser cette vente rapidement, ce qui nous a laissé très peu de temps ». Quant aux locaux, ils peuvent être mis en l’état mais cela suppose un investissement financier. Pour autant, la vente aux enchères a tout de même rapporté 350 000 euros.

La fin d’une affaire

En 2010, le groupe Sira Equipements, une PME francilienne de mécanique de précision, rachète l’entreprise Ixmeca alors en difficulté financière. La société officie en tant que sous-traitant aéronautique pour des grands groupes industriels tels que Safran.

En 2014, les choses dégénèrent pour le site de production chantelouvais en raison d’un manque de rentabilité. Suite à une baisse notable dans le carnet de commandes, le groupe décide de fermer plusieurs usines, mettant à la porte la trentaine de salariés encore en activité sur la commune yvelinoise. Une partie d’entre eux sera reclassée au sein du groupe, qui comptait à cette époque 400 salariés.

Placé en redressement judiciaire, Sira Equipements connaît un nouveau rebondissement en avril 2015. Un an après sa fermeture, un repreneur potentiel était intéressé par le site de production. Pour autant, aucune suite positive n’a été donnée à ce dossier. Selon nos informations, les locaux ont aujourd’hui été vendus et pourraient accueillir une société dédiée au modélisme.