Depuis plusieurs années, ces deux présidents LR de conseils départementaux ont entamé le rapprochement de leurs institutions, les seuls tenus par la droite jusqu’aux élections départementales de 2015. Pierre Bédier (LR) dans les Yvelines, et Patrick Devedjian (LR) dans les Hauts-de-Seine, ont enfin officiellement annoncé la fusion des deux Départements au cours de vœux communs organisés au Haras de Jardy.

Alors, pour célébrer cet événement attendu, les deux hommes ont mis les petits plats dans les grands dans cette propriété du conseil départemental des Hauts-de-Seine située à la frontière des deux départements. Ils ont ainsi invité 1 200 personnalités, dont les rugbymans du Racing metro 92 et l’entraîneur du PSG Laurent Blanc, placés sur scène et longuement applaudis.

« La frontière, c’est bien souvent ce qui sépare […] Eh bien ce soir, avec Pierre Bédier, nous prenons l’exact contre-pied de ce symbole. Notre frontière devient un trait d’union », a plaidé Patrick Devedjian devant un parterre de responsables politiques de la droite de l’Ouest francilien. Derrière lui sur la scène, la nouvelle présidente du conseil régional, l’Yvelinoise Valérie Pécresse (LR), semble là pour bénir cette union de son soutien.

Les deux présidents, chacun à leur tour, éreintent la gestion de la Seine-Saint-Denis comme celle du gouvernement. Le grand principe de l’Etat est de « dépouiller les collectivités de toute autonomie, de toute responsabilité », déclare Patrick Devedjian. « La France est malade d’une dépense publique échappant à tout contrôle depuis des décennies et d’un système de protection sociale [..] aussi coûteux qu’inefficace », vitupère pour sa part Pierre Bédier tout en défendant l’existence des Départements et donc du « prétendu mille-feuille territorial ».

Chacun des deux patrons de Département a affirmé les économies réalisées par les futures mutualisations, permettant, selon eux, plus d’investissements.
Chacun des deux patrons de Département a affirmé les économies réalisées par les futures mutualisations, permettant, selon eux, plus d’investissements.

« J’entends déjà les mauvaises langues dire que l’alliance est entre riches, entre privilégiés. La réalité est tout autre », avance son homologue des Hauts-de-Seine, critiquant le principe de péréquation (les Départements les plus excédentaires subventionnent les plus déficitaires, Ndlr). Si l’alliance n’est pas « entre riches », elle semblait néanmoins se faire résolument au sein de la droite francilienne.

« Les habitants sont heureux de vivre ici. C’est même un plébiscite puisqu’il n’y a plus aucune ville socialiste dans les Hauts-de-Seine, et plus aucun conseiller départemental d’opposition dans les Yvelines ! », s’est ainsi enthousiasmé Patrick Devedjian des dernières défaites électorales de la gauche locale devant un public conquis d’avance.

Si ses représentants avaient été invités, ils avaient presque tous fait le choix du boycott de la cérémonie. Seule la présidente limayenne de l’ex-Communauté de communes des coteaux du Vexin, Dominique Bouré (PCF), a été aperçue. « Si c’est dans l’intérêt de l’ensemble des habitants et pour avoir plus de social, pourquoi pas ? Mais j’ai une inquiétude sur la répartition de ces richesses départementales », note-t-elle, manifestement peu convaincue.

Chacun des deux patrons de Département a affirmé les économies réalisées par les futures mutualisations, permettant, selon eux, plus d’investissements. Mais il a été impossible à La Gazette d’obtenir le coût pour le contribuable de ces vœux communs, afin de le comparer à l’addition de ceux des deux cérémonies séparées de l’an dernier. Aucun symbole, donc, n’était à chercher à ce niveau ce soir-là.

Quelques mutualisations pour commencer

Les prochains mois devraient voir les premiers effets concrets du rapprochement entre les deux conseils départementaux au budget théorique commun de 3,2 milliards d’euros pour trois millions d’habitants. Ce prélude à la fusion sera coordonné par un établissement public interdépartemental, créé en février par une délibération de chacune des deux assemblées, et dont les administrateurs « seront bénévoles », a tenu à préciser le président du conseil départemental yvelinois Pierre Bédier (LR) lors des vœux.

Les services chargés de la création et de l’entretien des routes départementales mettront en place une direction administrative commune, prélude à une mutualisation de leurs moyens. Les services archéologiques seront fusionnés pendant l’année 2016. Enfin, avec la participation du Val d’Oise, les deux Départements souhaitent construire un foyer d’accueil médicalisé interdépartemental destiné aux adultes en situation de handicap psychique.