Le temps n’est pas vraiment à attendre dehors l’arrivée de son train. Pourtant, des centaines d’usagers du RER C ont été obligés de patienter, mardi, dans le froid glacial pour pouvoir se rendre au travail. Durant la même matinée, ils étaient encore plusieurs dizaines à braver les températures négatives en gare de Versailles-Chantiers, sans pouvoir prendre la direction de Rambouillet ni celle de Mantes-la-Jolie. Les lignes N et J du transilien ont connu de grandes difficultés occasionnant de nombreux retards et annulations de trains.

Mardi, 8 heures du matin, la galère débutait. A mon arrivée aux Invalides pour prendre le RER C en direction de Versailles-Rive gauche, j’ai constaté que le trafic était « fortement ralenti en raison de deux accidents voyageurs ». Deux heures plus tôt, deux piétons se sont fait percuter dans l’Essonne. Sans compter un déraillement à hauteur de la gare d’Austerlitz, autant dire que le ralentissement du trafic ferroviaire était plus qu’un euphémisme.

Avec trois trains annulés en une heure, mon attente de cinquante minutes sur le quai a eu lieu dans un froid glacial. « Ce qui m’énerve, ce n’est pas tant le fait qu’il y ait des problèmes mais le manque d’anticipation de leur part », soulignait une usagère. Même constat édifiant pour Sylvie Dupuy, vice-présidente du Comité des usagers des gares de l’ouest francilien : « On ne peut rien prévoir, la SNCF retarde l’annonce jusqu’au dernier moment ». D’ailleurs, l’entreprise a annoncé l’installation prochaine d’un baby-foot à la gare Saint-Lazare, pensant peut-être que ça pouvait aider à patienter.

« Deux trains ont déjà été annulés, ça fait presque quarante minutes que j’attends, racontait Benoît. Depuis le retour des vacances, les problèmes de retard et d’annulation arrivent fréquemment ». A la gare de Versailles-Chantiers, les perturbations ne cessaient de s’accumuler mardi, en fin de matinée.

Avec un train par heure pour se rendre à Mantes-la-Jolie, la SNCF a réussi à annuler celui prévu à 12h16, plongeant les usagers dans 2 heures d’attente. « On est souvent embêtés mais ce qui est incroyable, c’est qu’il n’y ait aucun abri dehors ni à l’intérieur. Ca devient compliqué de supporter le froid », précisait Hermine, emmitouflée tel un esquimau.Les travaux à la gare et les nombreux courants d’air ont placé les voyageurs entre des températures extérieures négatives estimées à – 2 degrés.

Pour autant, la SNCF n’a proposé aucune solution. « Apparemment, un problème de maintenance impacterait en ce moment le trafic ferroviaire du coup, un train supprimé n’est plus remplacé, soulignait Sylvie Dupuy. Le matériel est vieux de plus de 40 ans donc les trains tombent souvent en panne. En plus, ils ne sont pas assez entretenus et puis, je pense qu’il n’y a pas assez de personnel de maintenance pour assurer les réparations ». Contactée plusieurs fois à ce sujet, la SNCF ne nous a adressé aucun retour.

De nouveaux motifs de répression

La SNCF ne lésine pas sur les idées quand il s’agit de pouvoir gagner de l’argent. En effet, pour non validation du pass navigo, une amende de cinq euros peut s’abattre sur le fraudeur.

L’usager a beau s’acquitter de 70 euros par mois pour prendre les transports en commun de manière dézonnée, il encourt 5 euros d’amende au cas où son pass navigo ne pourrait servir les statistiques de l’entreprise. Enfin, cette amende vaut pour le paiement immédiat mais la somme monte à 35 euros pour un procès-verbal dressé, la faute aux 30 euros de frais de dossier.

Autre ombre au tableau de l’utilisateur : le signalement de contrôleurs pourrait devenir un délit. En effet, une proposition de loi vise à punir de 3 750 euros d’amende et deux mois d’emprisonnement maximum, toute personne qui communiquerait sur la localisation de contrôleurs et ce, par n’importe quel moyen de diffusion.