Véritable coup de massue de ce début d’année, les Yvelinois vont être obligés de participer à l’effort budgétaire. Le Conseil départemental a voté vendredi une hausse de 66 % de la taxe foncière départementale, soit une moyenne d’environ 125 euros pour chaque foyer fiscal.

Une augmentation qui serait justifiée par une baisse des recettes et une hausse des dépenses obligatoires.« La France n’a plus les moyens de payer sa politique sociale mais personne n’ose le dire, a précisé Pierre Bédier, président du Conseil départemental. Les départements explosent car au nom de l’État, ils prennent en charge la solidarité nationale ». Entre 2013 et 2017, les dépenses sociales obligatoires dont l’Allocation personnalisée autonomie (Apa), la Prestation de compensation du handicap (PCH) et le Revenu de solidarité active (RSA) auraient augmenté de 38 millions d’euros.

Egalement, Pierre Bédier a pointé du doigt la baisse de la Dotation globale de fonctionnement (DGF), qui impacterait fortement la part des recettes. Entre 2013 et 2017, les Yvelines doivent faire face à 132 millions d’euros en moins. En comptant les péréquations, à savoir la redistribution des recettes vers les départements les plus riches, le budget total enregistrerait 200 millions d’euros en moins.

Ainsi, l’augmentation du taux d’imposition de 7,58 % à 12,58 % devrait rapporter 125 millions d’euros. Quant à la part restante, elle serait amortie par les économies. « Le département va devoir baisser ses prestations car c’est là qu’on réalise des économies », a annoncé Pierre Bédier. Désormais, les 5,50 euros consacrés par berceau chaque jour vont être supprimés. Une décision qui pourrait donner lieu à une hausse de la tarification des crèches ou de la participation des mairies, impactant de ce fait l’impôt local.

Un « Waterloo social » généralisé ?

L’association Grande couronne capitale s’est réunie lundi 18 janvier lors d’une conférence de presse. Il s’agissait de dénoncer « l’impasse fiscale » dans laquelle se situeraient les départements de Seine-et-Marne, des Yvelines, de l’Essonne et du Val-d’Oise.

« On voulait montrer que les quatre départements de la grande couronne sont dans la même situation et ce, à cause des décisions de l’État », a précisé Pierre Bédier, président du Conseil départemental des Yvelines. La baisse des recettes et l’augmentation des charges obligatoires est à l’origine d’une situation budgétaire décrite comme un « waterloo social ».

Les quatre représentants ont annoncé une stratégie commune d’économies drastiques. Cela passera par la réduction des dépenses de fonctionnement, la révision des politiques publiques, le groupement de commandes et la mutualisation de moyens.

« On veut garder un minimum de marge de manœuvre pour continuer à porter des projets », a souligné Pierre Bédier. Entre autre, il s’agira de maintenir l’investissement pour avancer sur des dossiers tels que le pont d’Achères, Eole et la déviation de Verneuil-sur-Seine.