Dépôts sauvages de déchets, feux tricolores défectueux, incendies, ascenseurs bloqués, rackets, bagarres devant les établissements scolaires ou voitures garées dangereusement : tous finissent cartographiés avec précision dans deux bases de données. Nommées Memento et Corto, celles-ci contiennent aujourd’hui 17 000 fiches, depuis 2011 et l’adoption des solutions cartographiques de l’entreprise parisienne Spallian.

« Memento est l’interface web sécurisée, utilisée du côté opérationnel, Corto est un outil plus stratégique, utilisé pour l’analyse, résume Pascal Huar, chef du service prévention – sécurité. Dès qu’une fiche est clôturée dans Memento, elle est transférée dans Corto. Et toutes les données sont hébergées dans le cloud, chez Spallian. »

Concrètement, chacune de la douzaine d’institutions présentes au sein du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), qu’ils soient bailleurs sociaux, médiateurs, éducateurs, policiers ou pompiers, peut créer une fiche au sein de Memento. Selon la catégorie du problème, cette fiche géolocalisée est immédiatement visible des autres services pouvant être concernés.

« Par exemple, un véhicule devenant une épave nécessite que la police soit informée pour le constater juridiquement, la fourrière également pour l’enlever, mais aussi le bailleur social s’il est dans son patrimoine, expose Pascal Huar. Souvent, les différentes structures ont des modes de communication différents, nous avons voulu avoir un système d’échange pérenne pour optimiser le partage d’information. » La fiche reste active tant que la question n’est pas résolue.

« Memento est l’interface web sécurisée, utilisée du côté opérationnel, Corto est un outil plus stratégique, utilisé pour l’analyse, résume Pascal Huar, chef du service prévention – sécurité. »
« Memento est l’interface web sécurisée, utilisée du côté opérationnel, Corto est un outil plus stratégique, utilisé pour l’analyse, résume Pascal Huar, chef du service prévention – sécurité. »

Une fois la fiche clôturée et intégrée dans Corto, la municipalité peut y réaliser des statistiques de tous types. Pascal Huar assure néanmoins que le duo Memento – Corto reste un simple outil : « Ce n’est pas Minority report, on ne fait pas de prévision de criminologie, l’interface existe mais l’humain est capital. » Il est utilisé en ce sens exclusivement « si un phénomène se produit régulièrement ».

D’après lui, tous les partenaires y trouvent leur compte : « Ils ne viennent pas pour nous faire plaisir mais parce que ça leur est utile. » Selon nos informations, la police nationale remplit cependant peu de fiches, disposant de ses propres logiciels. Mais elle consulte parfois Corto lors de ses enquêtes, pour recouper des faits ou obtenir des éléments historiques.

Des données totalement anonymes

La municipalité mantaise conserve dans l’outil d’analyse cartographique de Spallian, Corto, l’intégralité des données depuis sa mise en place en 2011, sans date de péremption. Cependant, aucune information nominative n’y est intégrée. La commune est également totalement propriétaire des données.

« Vous ne verrez le nom d’une personne dans aucune de nos fiches, rassure ainsi le chef du service prévention-sécurité. Eu égard à nos déclarations à la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés, Ndlr), nous pourrions le faire mais ça n’offre aucun intérêt. Si deux partenaires ont besoin de discuter d’individus particuliers, ils le font directement avec leurs secrets professionnels respectifs. »

Par ailleurs, si les données sont intégralement conservées sur les serveurs de Spallian, la mairie en reste propriétaire et la société n’y a théoriquement pas accès. La mairie peut donc, si elle souhaite changer de fournisseur, récupérer ses données dans un format ouvert.