Cette quarantenaire est une vraie amoureuse des félins. D’une jeunesse sans eux, Alexandra Cailleux s’en est ensuite entourée, de leur vente en animalerie à leur hébergement aujourd’hui en passant par leur élevage. Cette grande brune a aussi su concilier sa passion avec son mari et ses enfants, sans oublier d’être, pendant plus d’une décennie, photographe de concerts.

A son domicile du centre-ville, les félins occupent deux des trois bâtiments, signe du succès de son Jardin aux hérons, pension créée en 2006 et dont elle vit aujourd’hui. « Je n’ai jamais eu le droit d’avoir de chat ou de chien à la maison quand j’étais petite », sourit-elle de son enfance yvelinoise passée à Elancourt. A cette époque-là, son intérêt se porte sur les animaux, tous les animaux : « Je faisais des élevages de tout ce qu’il était possible d’imaginer, des têtards aux tourterelles ! »

Son bac en poche, elle se prépare à devenir institutrice, « une erreur d’orientation car les métiers où l’on s’occupait des animaux n’étaient pas très connus ». Plusieurs années d’études suivent, jusqu’à enfin se trouver devant une classe : « J’étais un peu désespérée », se souvient-elle, très consciente de son incapacité à faire ce métier difficile. Obligée de repasser le concours une fois raté à cause d’une bourse d’études, elle se fait recruter dans une grande animalerie parisienne, au sous-sol du forum des Halles. C’est une révélation : « J’avais été embauchée pour remplacer un congé maternité, j’y suis restée sept ans. »

En parallèle, cette passionnée de musique va voir jouer ses artistes préférés… et en ramène des clichés clandestins pris pour le souvenir. Un photographe lui propose d’entrer en agence photo pour vendre sa production. Pendant des années, elle mène double vie de vendeuse d’animaux le jour, et de photographe de concerts la nuit : « C’était un peu mon évasion à cette vie professionnelle enterrée au sous-sol. »

« Je n’ai jamais eu le droit d’avoir de chat ou de chien à la maison quand j’étais petite », sourit-elle de son enfance.
« Je n’ai jamais eu le droit d’avoir de chat ou de chien à la maison quand j’étais petite », sourit-elle de son enfance.

A l’animalerie, elle s’aperçoit que les éleveurs de chats ont des difficultés à fournir certaines espèces félines, comme le chartreux, très à la mode à l’époque. Elle débute alors un élevage dans son petit appartement parisien… qui devient vite beaucoup trop étroit, surtout après avoir rencontré celui qui deviendra son mari. Le couple déménage alors à Conflans-Sainte-Honorine, « un coup de coeur immédiat ». Alors qu’elle se demande si l’élevage de chats est une activité viable, le destin lui force la main en l’an 2000. Elle est licenciée pour raisons économiques, car il faut vider le forum de ses magasins avant une rénovation d’ailleurs toujours pas terminée.

Elle se lance pleinement dans l’élevage, qu’elle conçoit avec des animaux en liberté au sein de leur petite maison près de la gare, et non dans des cages comme trop souvent : « Il y avait des chatons partout, dans les casseroles de la cuisine, dans les poches de costume de mon mari, on ne pouvait plus faire un pas ! »

La demande, très importante, lui permet d’en vivre… jusqu’à ce qu’une épidémie ravage son élevage et change à nouveau le cours de sa vie. Elle recommence en 2005 avec une autre espèce au pelage plus varié que le gris des chartreux, le scottish fold, et un élevage de taille bien plus réduite. Trop réduite pour gagner sa vie, faisant naître l’idée d’une pension.

Dans sa seconde maison conflanaise, où le couple avait emménagé en 2003, l’hôtel félin d’Alexandra Cailleux démarre doucement en 2006. Progressivement, « le bouche-à-oreille fait son effet ». Aujourd’hui, ils sont 200 nouveaux chats à être inscrits chaque année, après une sélection pour assurer une cohabitation sans stress avec ses colocataires à poils : « Ca montre que tout est possible, même sans avoir de diplôme en rapport ». Et même de faire un métier de sa passion.