Alors qu’elle est annoncée partante du ministère de l’Environnement lors du prochain remaniement gouvernemental, Ségolène Royal (PS) a tenu à venir visiter l’usine d’Airbus defence & space. Elle y a pointé le caractère indispensable des satellites de l’entreprise pour l’analyse du réchauffement climatique, sans oublier de vanter « l’excellence » des fusées Ariane, ces équipements spatiaux étant majoritairement produits aux Mureaux.

« Cette régularité [pour les lancements] est la force d’Ariane », a félicité la ministre en visitant l’usine.
« Cette régularité [pour les lancements] est la force d’Ariane », a félicité la ministre en visitant l’usine.

« Il a été montré dans les rapports du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, Nldr) que 26 des 50 variables climatiques ne sont observables que depuis l’espace, a assuré la ministre, deux mois après la fin de la conférence internationale de Paris sur le climat. Cette surveillance est une clé pour connaître les mécanismes climatiques et agir rapidement […] il faut bien que chaque pays sache les dégâts qu’il subit. »

« Nous disons qu’un lancement d’Ariane dégage moins de CO2 qu’un vol transatlantique », ont avancé auprès de Ségolène Royal les dirigeants d’Airbus defence and space venus pour présenter leurs efforts en faveur de l’environnement, au-delà du lancement de satellites de surveillance. Aux Mureaux, l’immense site industriel et technique protège ainsi la biodiversité existante, et a créé un bassin de traitement des eaux pluviales par les plantes.

Celle qui est encore pour quelque temps ministre de l’Environnement a ensuite visité une partie de l’usine avec les élus, en un cortège suscitant la curiosité des techniciens et ingénieurs au travail. « Je voudrais souligner que 70 succès depuis 2003 est exceptionnel, cette régularité [pour les lancements] est la force d’Ariane », a-t-elle pu s’enthousiasmer dans le gigantesque hall d’assemblage des fusées.

Ils déplorent le manque de dialogue de la ministre

L’association vexinoise AVL3C manifestait à l’entrée d’Airbus pour interpeller Ségolène Royal.
L’association vexinoise AVL3C manifestait à l’entrée d’Airbus pour interpeller Ségolène Royal.

En marge de cette visite de la ministre de l’Environnement, quelques membres de l’association vexinoise AVL3C se tenaient à l’entrée d’Airbus pour interpeller Ségolène Royal. Ils contestent la possible création d’une carrière de calcaire à Brueil-en-Vexin… et déplorent, comme toutes les associations attachées à la défense de l’environnement en vallée de Seine, le peu de dialogue de son ministère depuis qu’elle en a pris la tête.

« Apprenant sa venue, nous voulions lui mettre en main propre une lettre », rapporte la présidente d’AVL3C, Dominique Pélegrin. La missive, transmise par les policiers du renseignement territorial au cabinet de la ministre, demande son intervention dans ce dossier plutôt sensible dans le Mantois.

Elle évoque aussi une récente émission de télévision, où Ségolène Royal déclarait que « quand on veut sauver l’économie au détriment de l’écologie, finalement on détruit aussi l’écologie ». « C’est précisément notre combat ! », rebondit devant Airbus la présidente de l’association, cependant un peu déçue.

En effet, une petite musique revient régulièrement en vallée de Seine depuis qu’elle a été nommée au ministère de l’Environnement. Les associations attachées à la défense de l’environnement, comme les élus écologistes, décrivent l’impossibilité d’obtenir rendez-vous avec le ministère, leurs courriers restant souvent lettre morte.

« Elle fait la sourde oreille et on trouve que c’est inacceptable, elle se positionne souvent sur des dossiers mais botte en touche à chaque fois sur l’A104, c’est inadmissible », déplorait-on ainsi il y a quelques jours au Copra 184, opposé au prolongement de la Francilienne (A104, Ndlr), et qui constitue l’un des plus grands collectifs associatifs d’Île-de-France.

« Vous savez combien il y a d’associations en France ? », a répondu la ministre, questionnée sur sa supposée surdité aux défenseurs de l’environnement yvelinois pendant sa visite d’Airbus. « Nous allons regarder [la situation dénoncée par l’AVL3C], ça ne pose aucun problème » , a-t-elle néanmoins assuré dans la foulée.