Short, t-shirt et baskets aux pieds, les onze élèves de la classe post-bac « Maintenance navale en milieu subaquatique » se préparent pour les entraînements sportifs. « Cette formation est à la fois pratique et théorique. Ellle n’est pas diplomante mais elle permet de passer plusieurs certificats comme le niveau 3 de secourisme et de sauvetage en plongée. Et les jeunes peuvent ainsi postuler à la formation pour devenir plongeur démineur », explique Rémi Marconis, professeur d’EPS au lycée, spécialisé en plongée et formateur pour la plongée avec scaphandrier.

Sortis du baccalauréat ou ayant quelques années d’études supérieures, tous ont choisi cette voie par amour de la plongée. « J’ai d’abord suivi une formation scientifique avant d’arriver ici, explique Gabin, 24 ans originaire d’Angoulême. Je plonge depuis 10 ans et lier ma passion à un futur métier de plongeur démineur me semble parfait. » En effet, cette formation accueille les jeunes de 17 à 25 ans, elle les prépare aux exigences et à la discipline de l’armée tout en étant plus souple.

« Mettre cette formation en place a été un long combat. Nous sommes donc fiers d’avoir fêté les dix ans au salon de la plongée en janvier », confie Michel Ravoisier, formateur. Plongeur professionnel, marin en marine marchande, commandant ayant quatre galons en marine nationale, il s’est aperçu que le recrutement était difficile et que les jeunes avaient du mal à s’adapter au mode de vie militaire. Il offre ainsi une formation complète pour être plongeur de bord et par la suite, tenter la formation plongeur démineur au sein de la Marine nationale.

En effet, la plongée demande une grande discipline et surtout un très bon état de santé. Ces jeunes ont un suivi médical et psychologique très important. « Ils surveillent notre cœur et notre cerveau. Plus nous avançons dans la formation plus les tests s’intensifient », précise Lucie, 18 ans, seule jeune femme du groupe. Si les mentalités changent sur la place des femmes dans l’univers militaire, les effectifs restent encore minimes.

Ils s’entraînent pour obtenir le Rifap, réaction et intervention face à un accident de plonger.
Ils s’entraînent pour obtenir le Rifap, réaction et intervention face à un accident de plonger.

« Grâce à cette formation, les femmes trouvent leur place sans aucun soucis. Ces dix dernières années, cinq l’ont suivie. Elles sont toutes devenues plongeuses de bord. Elles possèdent un fort mental qui les mènent loin, cependant la charge du matériel du plongeur démineur est parfois trop lourde pour elles », précise Michel Ravoisier. La preuve avec Lucie qui est parfaitement intégrée et qui y a trouvé un véritable « esprit d’équipe ».

Cette solidarité demeure essentielle dans cet univers : un plongeur doit toujours pouvoir compter sur l’autre en cas de danger. « Afin d’avoir une préparation physique nécessaire, en plus des cours de mécanique et de théorie, nous nous entraînons dans la fosse de la piscine mais également en mer », déclare Corentin, 18 ans. Les élèves partent deux semaines à l’école de plongée de la Marine nationale de Toulon et aussi trois semaines à Cherbourg.

« Une fois que vous avez plongé dans la Manche, vous êtes prêt pour affronter toutes les mers ou presque. Des bénévoles de l’association de plongée nous accompagnent pour encadrer les jeunes. D’ailleurs certains d’entre eux nous soutiennent aussi pour les entraînements dans la fosse », rappelle Rémi Marconis. Ces jeunes ont conscience de leur chance: matériel, suivi médical, encadrement, etc. Ils ont une formation unique en France qui ouvre sur deux voies : une formation pour être plongeur démineur avec après un contrat de dix ans et renouvelable, sinon poursuivre comme plongeur de bord et compléter avec une carrière dans une des branches de la Marine nationale avec un contrat de quatre ans.

Résultat : 90 % de ceux qui suivent la formation « Maintenance navale en milieu subaquatique » intègre la Marine nationale, 100 % obtiennent le statut de plongeur de bord et 45 % intégrent la formation de plongeur démineur. Un métier trop méconnu et une formation au lycée Simone Weil avec le soutien de la Marine nationale qui offre une véritable perspective d’avenir.