Cette étape est un premier pas vers une fusion des deux départements. Vendredi matin, les assemblées délibérantes du département des Yvelines et des Hauts-de-Seine se sont simultanément réunies afin de s’exprimer sur la création de structures communes, symboles d’un rapprochement politique.

« Si la France souffre d’une économie de lenteur, c’est aussi parce que les départements souffrent d’une économie de lenteur », a soutenu Patrick Devedjian, président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, lors de la conférence de presse qui s’est tenue à l’issue des assemblées délibérantes.

S’il a souligné l’importance de « proposer une autre politique que celle de la densification proposée par le gouvernement », son homologue des Yvelines Pierre Bédier a précisé qu’il s’agissait d’acquérir « un outil puissant au service des élus ».

Un Etablissement public de coopération interdépartementale (EPCI) devrait ainsi voir le jour. Il aura pour but d’engager des politiques communes notamment en mutualisant les services d’entretien et d’exploitation du réseau routier ainsi qu’en menant une réalisation conjointe des schémas d’action sociale et médico-sociale.

Egalement, les conseils départementaux des Yvelines et des Hauts-de-Seine vont fusionner, avant la fin de l’année, la Sem 92 (Société d’économie mixte 92) et Yvelines aménagement, incorporant la Sarry (Société d’aménagement de la région de Rambouillet et du département des Yvelines) et la Semercli (Société d’économie mixte équipement et rénovation de Clichy-la-Garenne) afin de mettre en commun les moyens financiers, humains et matériels.

Les syndicats CGT des Yvelines et des Hauts-de-Seine ont fait valoir leurs inquiétudes. « On est les grands oubliés d’une manœuvre politique faite contre le Grand Paris », a précisé Tristan Fournet, secrétaire général du syndicat CGT au conseil départemental des Yvelines. Avec la fusion entre les deux départements, ils craignent notamment une remise en cause de leurs conditions de travail également, des suppressions de postes.

Lors de la conférence de presse, Pierre Bédier a indiqué dans un premier temps que « la fusion ne va pas créer de l’emploi mais après, il ne va pas y avoir de disparition brutale d’emploi ». Avant de continuer : « on va tout simplement faire ce qu’on a déjà commencé à faire mais à une autre échelle : ne pas renouveler tous les contrats, ne pas renouveler les départs en retraite. Si on veut pouvoir un jour faire baisser les impôts, il faut qu’il y ait moins de fonctionnaires ».

Si les syndicats ont mentionné l’absence d’information et de consultation des citoyens à propos du projet de fusion, quelques personnalités politiques ont demandé la tenue d’un référendum. C’est le cas de Christine Boutin et Yves Vandewalle, conseillers départementaux faisant partie de la majorité.

A ce sujet, Pierre Bédier a spécifié que le référendum « n’est pas prévu par la loi ». Avant de poursuivre non sans humour : « un président de conseil départemental ne peut pas ne pas respecter la loi ».