Victoire aux points pour Zakaria Attou contre Borislav Zankov, samedi dernier, lors du Trophée Léo Tavarez, dans la catégorie super-welters. Cette dernière existe seulement en boxe anglaise professionnelle et concerne les poids moyens compris entre 66,678 kg et 69,853 kg. Remporter ce combat rassure Zakaria Attou. Lors de ses entraînements au gymnase Patrick Caglione de Poissy, jeudi dernier, le sportif a expliqué qu’il préparait ce mach comme tous : « aucun match n’est pour rien. On risque toujours d’être blessé et on met notre vie en jeu. Si je le gagne, je confirme ma place de challenger pour le combat de mars ».

En effet, à 32 ans, Zakaria Attou se prépare pour aller chercher un titre européen de boxe en Italie, le 26 mars prochain, contre le boxeur Emanuele Della Rosa. Corde à sauter, coup de poings dans les sacs de sable et renforcements musculaires entre autres ponctuent le quotidien de Zakaria Attou, professionnel de boxe anglaise. « Je fais deux entraînements par jour, le rythme est intense parce que je souhaite réellement rapporter le titre. Le mental est primordial surtout que nous serons chez Della Rosa », précise Zakaria Attou.

La boxe anglaise reste un art noble où les poings ne suffisent pas : le mental prime. Cette ligne de conduite permet d’ailleurs de se servir de ce sport pour aider à canaliser les jeunes et leur donner des outils pour réussir dans leur vie. « Je suis responsable des services des sports à Chanteloup-les-Vignes. J’aide ces jeunes qui ont un mal être et qui ont du mal à croire en la réussite. Il est plus facile de passer par le sport pour recréer un lien et les accompagner. Et surtout je tiens à rappeler que je ne suis pas un exemple, j’y ai juste cru. Ma mère nous a élévé seule, mon frère et moi, et la différence c’est que nous avons cru à notre réussite », confie-t-il.

Comme dans Creed, Zakaria Attou ne lache rien.
Comme dans Creed, Zakaria Attou ne lache rien.

Zakaria Attou a conscience de la chance qu’il a d’accomplir son rêve en devenant boxeur professionnel. Dès l’âge de neuf ans, il est monté sur le ring à Cergy-Saint-Christophe dans le Val d’Oise. Son entraîneur, étant une figure paternelle, il le suivit à Poissy. Lors de matches, il a rencontré Pierre Cardo, ancien maire (LR) de Chanteloup-les-Vignes, passionné de boxe, qui lui a proposé un contrat. « Ensuite, Catherine Arenou a suivi ma carrière et me donne toute sa confiance pour mon travail auprès des jeunes. Je suis profondément attaché à mes élus », souligne Zakaria Attou dont le sport est l’une de ses meilleures armes pour soutenir les jeunes de sa ville.

Si la boxe anglaise apporte certaines valeurs, elle n’en est pas moins un sport dangereux. « Ma mère n’est jamais venue me voir à un combat. Elle m’a juste vue une fois à la télévision mais pas plus, raconte le sportif qui n’a pas subi de graves accidents. Je m’arrêterai à mes 36 ans et je pourrai ainsi prendre le temps de manger et de grossir un peu. » Ces remarques et sa détermination ne sont pas sans faire penser au dernier film de Ryan Coogler « Creed : l’héritage de Rocky Balboa ». D’ailleurs comme le boxeur disparu, il ne souhaite pas que ses enfants deviennent boxeurs professionnels. Ils en feront pour apprendre les valeurs et la confiance en soi. Et quant à lui, il sait qu’il reviendra un jour comme entraîneur comme Rocky. Après ces quelques mots, il reprend son entraînement.