Premiers concernés par la météo, les agriculteurs yvelinois ont passé l’hiver sans soucis, malgré les températures élevées pour la saison, interrompues d’un bref coup de froid en janvier, et d’un autre cette semaine. Les céréaliers, premiers exploitants du département, pourraient cependant avoir des problèmes dans les mois à venir à cause de la prolifération des mauvaises herbes comme de celle des insectes et parasites vecteurs de maladies.

Arboriculteur aux Alluets-le-Roi avec une vingtaine d’hectares dédiés à la production fruitière, Dominique Gaillard ne se plaint pas. S’il n’est pas encore allé examiner l’état de ses pruniers, plus précoces à l’instar des cerisiers, ses autres cultures arboricoles n’ont pas souffert de la chute des températures en janvier.

« A ce stade, en ce qui nous concerne, il n’y aura pas de conséquences, rapporte-t-il. Au niveau des pommes et des poires, les quelques jours de températures matinales négatives ont fait disparaître le risque de débourrage (précurseur de la fleur, Ndlr) des bourgeons, que nous faisait craindre le début d’hiver. »

Chez les céréaliers, le constat est identique mais néanmoins plus prudent pour les mois à venir. « Aujourd’hui, les blés sont encore résistants au froid, même s’ils ont trois semaines d’avance », indique Alain Defresne. Il exploite autour de Buchelay 170 ha répartis entre blé, colza et maïs, et se satisfait pour l’instant du développement de ses cultures.

La douceur devrait rester sans conséquences pour les cultures fruitières des arboriculteurs.
La douceur devrait rester sans conséquences pour les cultures fruitières des arboriculteurs.

Les gelées matinales qui pourraient menacer sa production, c’est en avril et mai qu’il les craint, lorsque le blé aura levé. « Si nous avons toujours trois semaines d’avance lors des Saints de glace, une température légèrement positive peut suffire à rendre stériles les gamètes de l’épi, explique-il. A 44 ans, je l’ai vu une fois, il y a 25 ans : les rendements étaient de 0 à 4 quintaux à l’hectare au lieu de 80. »

Lui aurait surtout apprécié que la période de froid dure plus longtemps, ce qui ne s’est plus produit depuis plusieurs années. « Pour nous, c’est salutaire car un certain nombre de parasites, notamment les pucerons, ne passent pas l’hiver, analyse le céréalier. L’hiver doux est propice à l’installation des maladies. Mais il n’est pas sûr qu’elles évoluent vers des nuisibilités importantes, ça peut changer en quinze jours. »

Son autre souci concerne les plantes adventices, ou « mauvaises herbes », car elles aussi ont largement bénéficié de la clémence de la saison hivernale. « Les vulpins (plante herbacée fréquente dans les champs de céréales, Ndlr) ont continué à lever en novembre, après notre application d’herbicides spécifiques en octobre, donne-t-il en exemple. Nous ne pourrons pas redésherber compte tenu des restrictions de doses, on ne le met qu’une fois par an. »