Entre opposition et majorité FN, le différend budgétaire est toujours aussi important, comme l’a encore montré la virulence du dernier conseil municipal. Présentant ses orientations budgétaires pour cette année, l’adjoint FN aux finances, Laurent Morin, a annoncé une seconde année d’austérité à tous les étages, avec des investissements très faibles et un unique argument : pas de hausse d’impôts.

Face à lui comme face au maire Cyril Nauth, l’opposition, de droite comme de gauche, continue de déplorer l’absence de tout projet d’envergure de cette mandature débutée voilà bientôt deux ans. L’édile, lui, moque ouvertement ces « beaux projets » dont on lui rebat les oreilles et qui ne sont, de son point de vue, que dépenses supplémentaires.

« Les orientations qui ont prévalu l’année passée nous conduiront à annoncer des résultats [budgétaires] de qualité. Il convient de continuer 2016 sur la même lancée, s’est félicité Laurent Morin. Ne pas augmenter les impôts en cette deuxième année d’assèchement de nos recettes constitue un véritable exploit. »

Son régime maigreur est durement critiqué par l’opposition. « Il n’y a aucune idée ni aucun projet présenté pour Mantes-la-Ville », s’est émue la précédente maire Monique Brochot (PS), se faisant plus précise : « Il n’y a que des fins de travaux, la vidéoprotection dont on entend parler depuis 2014 en est encore au stade des annonces. Seul projet, le colombarium. Triste symbole pour l’avenir ! »

« Les projets, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale ! », s’est de son côté moqué Eric Visintainer (LR), regrettant la disparition du projet de groupe scolaire dans le nouveau quartier Mantes U. « Nous allons voir si nous ne pouvons pas mettre les petits Mantevillois dans les écoles existantes avant de construire 17 classes », a rétorqué l’édile FN, indiquant au passage sa satisfaction de constater le retard pris pour ériger les immeubles prévus à Mantes U.

« Votre position aujourd’hui est le reflet de l’absence de démarche politique, a continué de pilonner dans la même veine Kheir Affane, membre du groupe DVG de l’ex-maire Annette Peulvast. Vous vous limitez à une gestion purement administrative, on est dans une logique comptable. Si j’avais été aux affaires, avec le recours à l’emprunt, j’aurais lancé des projets. Rien ne va sortir et votre bilan sera critiquable. »

L’un des trois CVS menacé de fermeture

Le projet d’installer une maison médicale en lieu et place d’un Centre de vie social a provoqué de violents accrochages entre élus.

Les jours du Centre de vie sociale (CVS) Augustin Serre, qui dessert les habitants des quartiers des Merisiers et des Plaisances, semblent désormais comptés. Le maire Cyril Nauth (FN) a en effet indiqué au conseil municipal qu’il envisageait sérieusement d’y installer une maison médicale, suscitant critiques et incrédulité de son opposition.

« Nous travaillons sur d’autres projets, notamment une maison de santé. Nous avons lancé des études de faisabilité sur plusieurs structures dont les CVS, a avancé l’édile. L’association de santé avec laquelle nous travaillons nous a sollicité pour 300 à 500 m², Augustin Serre fait 500 m² […] Si le projet aboutissait, tout ou partie du bâtiment serait transformé. »

Cet énième projet de maison médicale communale en vallée de Seine, dans un contexte de manque de médecins, a suscité l’incrédulité d’Amitis Messdaghi, conseillère municipale d’opposition EELV et osthéopathe dans une maison médicale privée mantaise : « Quels médecins viendraient ? C’est un leurre. Pourquoi feriez-vous mieux que le tissu médical déjà installé, qui se bat pour en trouver ? Parce que vous allez leur donner des locaux avec baie vitrée sur le quartier des Merisiers ? »

« Vous n’allez pas décapiter un CVS pour ça ! », s’est-elle emportée. L’éventuelle disparition de cette structure sociale a également été déplorée par les autres conseillers de l’opposition. « Là où est Augustin Serre, un CVS est primordial, a ainsi argumenté Eric Visintainer (LR). Nous sommes à Mantes-la-Ville, pas Neuilly ou Boulogne. Il y a besoin de structures municipales pour être présents pour les Mantevillois. »

« Combien de Mantevillois ne sont jamais rentrés une seule fois au CVS ? Quand j’y vais par surprise, bizarrement, il n’y a pas un péquin », a répondu Cyril Nauth. Lui affirme son scepticisme par rapport à la structure actuelle, « surdimensionnée », en particulier « en tenant compte du coût ».

« Il existera toujours des structures type CVS », a néanmoins ajouté le premier magistrat, évoquant un possible transfert : « Il y a un local de médiation aux Merisiers inutilisé depuis très longtemps, et d’autres structures qui pourraient être aménagées avec de nouvelles idées. »