La réduction du nombre d’élèves par classe des écoles Pasteur et Marie Curie, au centre-ville, suite à la redéfinition de la carte scolaire, provoque la colère des parents dont les enfants devront faire leur première rentrée dans d’autres établissements de la ville. La maire Catherine Arenou (DVD) refuse que resurgisse à cette occasion le conflit, entre habitants du centre et du quartier d’habitat social construit au début des années 70.

La semaine dernière, ces parents d’élèves du centre-ville, alias « le Village », se sont mobilisés : manifestation, courriers, pétition, venue à la permanence du premier magistrat. Sans oublier un groupe Facebook, où des propos plutôt violents s’expriment à l’égard des habitants de la Noé. Ils refusent que leurs enfants scolarisés pour la première fois en élémentaire le soient ailleurs qu’au centre.

La cause de ces changements est l’intégration des écoles du Village dans le réseau éducation prioritaire, décidée fin décembre par l’académie de Versailles. Le nombre d’élèves par classe ne doit alors plus dépasser 25, contre 30 auparavant, obligeant la commune à redéfinir sa carte scolaire, votée le 10 février dernier en conseil municipal. Des élèves iront alors aux écoles Verlaine ou Mille visages et non en plein centre, comme leurs parents le pensaient.

« Beaucoup de familles sont en colère, les enfants se trouvent éloignés de leur lieu d’habitation, proteste Anna Krawczyk, mère de deux filles dont l’aînée est scolarisée dans le centre, mais dont la cadette devrait aller ailleurs. Là, on se retrouve assez loin, dans un quartier défavorisé, ma petite va aller à 15 minutes de chez elle alors que la grande reste à l’école actuelle. »

A la vingtaine de familles concernées par ce changement, s’ajoutent en effet celles dont la dérogation permettant d’intégrer l’une des écoles du centre ne sera pas renouvelée pour un autre enfant. Les parents reprochent également une « absence de concertation » de leur maire. Sur Facebook, beaucoup s’inquiètent ouvertement d’une chute de la valeur de leur maison.

« Je fais du dialogue mais pas de concertation car je suis placée devant une obligation, répond Catherine Arenou, qui a reçu samedi dernier les protestataires lors de sa permanence en mairie. Je l’ai fait sans me cacher, je n’étais pas obligée de le passer au conseil municipal. […] A un moment donné, il faut que l’intérêt général dépasse la somme des intérêts particuliers. »

Quant aux bénéficiaires de dérogation les années passées, confrontés à un refus pour un autre enfant, « ils peuvent rapatrier leurs aînés à Verlaine ou Mille visages » afin d’éviter des problèmes logistiques éventuels, indique l’édile. C’est sans compter sur le refus, exprimé parfois durement, de voir leurs petits aller à l’école avec ceux des habitants de la Noé… où quand ressurgit une tension que beaucoup pensaient disparue chez les Chantelouvais.

« Les populations qui sont dans la contestation sont des habitants récents pour la plupart, là depuis 6 ou 7 ans. Ils sont arrivés sur un territoire qui allait mieux, avec des prix de l’immobilier encore attractifs, analyse le premier magistrat. Les gens qui ont connu l’arrivée de la cité ont connu le calme, le pire puis une amélioration, ils ont une lecture de plus long terme. »

Alors, pas question pour elle, qui dit recevoir de nombreux coups de téléphone d’habitants de la Noé tout autant scandalisés d’être dépeints aussi négativement, de céder aux revendications portant sur des cas particuliers. « Je ne veux pas qu’on revienne à ce conflit. Je pense que d’ici un an, tout le monde aura oublié, veut-elle rassurer, citant à l’appui les protestations vite éteintes à l’ouverture de l’école Mille visages. Il faut que ces nouveaux arrivés se fondent dans le moule chantelouvais. »