Après une grossesse de 36 semaines, Fanny a donné naissance à ses premiers enfants : des jumeaux. Depuis samedi dernier, l’hôpital lui a attribué un des six lits de l’unité kangourou. Le concept est pour le moins novateur puisqu’il place la relation mère-enfant en point de départ du séjour à la maternité.

Dans un service de néonatologie classique, la mère constitue le point d’entrée et l’hôpital joue le lien avec son enfant, tenant ainsi une place prépondérante. Ici, mère et enfant partagent la même chambre de manière à ce que l’un et l’autre s’appréhendent un peu plus chaque jour et fassent connaissance dans les meilleures conditions possibles. Le personnel joue ainsi le rôle d’accompagnateur et de soutien.

« Lors d’une nuit où j’étais assez fatiguée, l’équipe s’est occupée de prendre en charge mes deux enfants pour que je puisse me reposer, a précisé Fanny, habitante de la région mantaise. Ils sont à l’écoute, on parle ensemble et l’on rigole beaucoup ». Le nouveau-né restant avec sa mère jour et nuit, les professionnels se déplacent dans les chambres en vue de prodiguer les différents soins.

« Laisser constamment l’enfant avec sa mère apporte plusieurs bénéfices notamment pour l’allaitement maternel et la régulation thermique », a souligné Christine Castel, responsable de l’unité kangourou au sein du centre hospitalier de Poissy-Saint-Germain-en-Laye.

Constituée d’une puéricultrice, d’une auxiliaire de puériculture et d’une psychologue, l’équipe propose aux mamans comme aux papas le portage du nouveau-né en peau à peau. Les bébés souffrent la plupart du temps de troubles de l’alimentation liés à un petit poids à la naissance ou à leur caractère prématuré. « On favorise le poids par le pouls car ça permet de faciliter la régulation thermique », a noté Christine Castel.

Plusieurs critères sont respectés pour admettre le nourrisson dans ce service particulier. L’unité accueille des nouveaux-nés à partir de 34 semaines et 1 800 grammes par contre, aucune détresse vitale ne doit être observée.

Les professionnels de l’unité kangourou organisent des démonstrations de massages pour le bien-être du nourisson ainsi qu’une séance de préparation au retour à la maison. Si le séjour en maternité classique dure généralement trois jours, celui dans une unité kangourou est trois fois plus long.

« Trois jours, c’est beaucoup trop court, les parents récupèrent un enfant qu’ils connaissent peu, a estimé Christine Castel. En dix jours, la maman a eu le temps de vivre avec son bébé, il y a moins d’appréhension donc ça permet de mieux préparer la sortie ».

Les avantages d’une telle hospitalisation sont incontestables pour autant, six lits ne suffisent pas à combler les 4 556 naissances enregistrées par l’établissement en 2014. Le centre hospitalier pourrait mettre en place des lits supplémentaires mais cette stratégie de développement s’éloigne d’une gestion rentabilisée imaginée par un établissement hospitalier classique. Pourtant, beaucoup de mères préfèreraient séjourner dans une unité kangourou.