Lundi 21 mars, LFM, radio associative du Mantois (et partenaire de La Gazette, Ndlr), organise sur son antenne un direct de 24 h. S’ils ont choisi la date de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, les responsables de la radio assument leur choix de porter plutôt le débat sur la notion de citoyenneté, particulièrement dans le contexte des attentats ayant touché Paris l’an dernier.

Les cinq bénévoles et onze salariés participant au quotidien de la station se préparent à un véritable marathon professionnel depuis déjà plusieurs semaines. Il faut en effet préparer les reportages, micro-trottoirs, débats en studio et interventions téléphoniques qui vont émailler cette journée. Ce vrai défi est mené en espérant provoquer la réflexion auprès du public majoritairement jeune visé par la radio.

« C’est une journée un peu symbolique, explique du choix de la date la directrice de LFM, Hakima Aya. Si nous avons choisi la citoyenneté [plutôt que les discriminations], c’est pour avoir une démarche plus fédératrice. Car au final, quand on ajoute toutes les communautés pouvant subir des discriminations, on voit que tous les Français sont potentiellement touchés.  »

L’initiative est une première pour cette radio associative du quartier mantais du Val Fourré née en 2009, connue en vallée de Seine pour ses ateliers radio gratuits, destinés aux enfants et adolescents (voir encadré). Son budget annuel de 300 000 euros provient d’abord de subventions du conseil régional, et de l’État via le Fonds de soutien à l’expression radiophonique locale (FSER). Elle touche 45 000 auditeurs chaque jour, dans les Yvelines mais aussi dans l’Eure.

Pendant ces 24 h de radio en direct commençant lundi à 8 h, les émissions se succéderont avec des invités renouvelés toutes les heures. Ces derniers sont des responsables associatifs de lutte contre les discriminations ou d’accompagnement de la jeunesse, des artistes, mais aussi les peut-être premiers concernés par la désaffection citoyenne des jeunes : les hommes et femmes politiques.

Les élus locaux présents à l’émission de 17h seront d’ailleurs interrogés par une dizaine des enfants « apprentis-journalistes » ayant participé aux ateliers radio ces derniers mois. Car l’objectif de la directrice de LFM est bien de faire participer les auditeurs au débat : « Ils ont la possibilité d’appeler à tout moment de ces 24 h de direct, les questions les plus intéressantes seront posées aux invités en plateau. »

Six séquences pour 24 h de discussion

8 h – 11 h
La Matinale des 24 h, avec des micro-trottoirs sur le sens de la citoyenneté.

11 h – 14 h
Lutte contre les discriminations et pour la citoyenneté : égalité ou équité ?

14 h – 17 h
Education, emploi et environnement

17 h – 20 h
Les hommes politiques face aux citoyens

20 h – 23 h
Citoyenneté : quel rôle pour les médias et la culture ?

23 h – 8 h
La Nocturne des 24 h : des artistes alternent prestations en direct et témoignent sur le thème de la journée.

500 jeunes découvrent la radio chaque année

De Chanteloup-les-Vignes à Houdan, LFM propose des ateliers de découverte gratuits aux enfants de la vallée de Seine.

« Très souvent, nous avons des élèves avec des difficultés scolaires, de concentration, et qui se métamorphosent chez nous », note ainsi Emmanuel Moine, l’un des animateurs de la station.
« Très souvent, nous avons des élèves avec des difficultés scolaires, de concentration, et qui se métamorphosent chez nous », note ainsi Emmanuel Moine, l’un des animateurs de la station.

Depuis sa création, plus de 2 500 enfants et adolescents âgés de 8 à 19 ans ont participé aux ateliers radio menés par LFM. Pendant les vacances scolaires ou en semaine, ils y découvrent gratuitement les rouages du métier de journaliste. De la définition des sujets au montage des reportages en passant par l’interview, ils explorent pendant cinq jours l’ensemble du processus de production radiophonique.

Ces mini-stages d’initiation se déroulent au siège mantais de la station, mais aussi au sein des studios déportés de Chanteloup-les-Vignes, Houdan ou Epône. D’autres structures d’enregistrement se situent également dans des établissements scolaires à Mantes-la-Jolie et aux Mureaux.

« Tous les journalistes divisent leur temps de travail entre leur couverture de l’information locale et les ateliers, détaille la directrice de LFM, Hakima Aya. Ils proposent à ces apprentis-journalistes de couvrir des sujets qui leur soient adaptés, en se basant sur l’actualité, même quand elle est compliquée. »

Certains se révèlent positivement lors des ateliers. « C’est un univers qui les fait un peu rêver, très souvent, nous avons des élèves avec des difficultés scolaires, de concentration, et qui se métamorphosent chez nous », note ainsi Emmanuel Moine, l’un des animateurs de la station. Les enfants ne sont d’ailleurs pas les seuls à en bénéficier, glisse-t-il en souriant : «  Ca me permet aussi de tester un auditoire jeune, savoir ce qu’ils aiment écouter et les intéresse à la radio. »