Depuis plus de trente ans maintenant, le château de Rosny-sur-Seine, actuellement en vente, est dans une bien mauvaise passe (voir encadré). L’association de sauvegarde de son patrimoine comme la municipalité espèrent que son futur propriétaire, bientôt connu, saura le mettre en valeur, mais aussi qu’il acceptera d’ouvrir son parc aux habitants.

« C’est à partir du 15 avril que la décision définitive [de vente] sera prise, en principe au plus offrant », a indiqué le maire Michel Guillamaud (LR) à l’assemblée générale de l’association dédiée à la sauvegarde du château. L’une des propositions de rachat serait destinée à le transformer en « résidence de luxe pour personnes âgées », a-t-il également informé.

La famille Lebaudy, propriétaire de 1869 à 1955, l’avait restauré avec amour. Il est totalement dépouillé et laissé à l’abandon dans les années 1980 et 1990.
La famille Lebaudy, propriétaire de 1869 à 1955, l’avait restauré avec amour. Il est totalement dépouillé et laissé à l’abandon dans les années 1980 et 1990.

La vente fait suite à une saisie judiciaire opérée suite aux difficultés financières de son actuel propriétaire, Bernard Anthonioz. « Nous allons rester attentifs pour que le futur acquéreur ait la volonté de restaurer le château, et pour voir comment les Rosnéens pourraient profiter du parc d’une façon ou d’une autre », a par ailleurs promis le maire à l’association.

Chronologie d’un désastre

1603 : construction du château par Maximilien de Béthune, duc de Sully, surintendant des finances du roi Henri IV. Il connaît ensuite agrandissements et remaniements, au gré de ses nobles propriétaires.

1869 – 1955 : la famille Lebaudy le restaure et l’entretient avec soin. Meubles, tapisseries et objets d’arts contemporains de sa construction sont rassemblés dans ses murs.

1955 – 1984 : le docteur Hertz transforme les communs du château en centre de rééducation fonctionnelle.

1984 – 1998 : la société japonaise Nippon Sangyō signe le début de la descente aux enfers. En difficulté, l’entreprise, au lieu de créer l’hôtel de luxe qu’elle avait promis, dépouille le château de ses meubles, oeuvres d’art et tapisseries qu’elle vend aux enchères. Les bâtiments ne sont plus ni gardés, ni entretenus, et connaissent d’importantes dégradations.

1998 – 2016 : la Nippon Sangyō cède le domaine à Bernard Anthonioz, homme d’affaires déjà propriétaire en Champagne du château de Courcelles. Malgré ses promesses d’un avenir comme Relais et château, quelques travaux et l’entretien du domaine pour sept millions d’euros selon lui, le projet reste lettre morte.