Il a beau être bâti comme une armoire à glace, Joseph Dagher, tout sourire, dégage une irrésistible cordialité. Cette dernière lui a permis les rencontres les plus improbables, et notamment de s’engager dans les courses de bateaux de courses en mer, depuis douze ans maintenant. Avec sa team Offshore défis, largement familiale et amicale, il court chaque année dans la demi-douzaine d’épreuves que compte le championnat de France de motonautisme offshore.

« C’est marrant aujourd’hui, je cours contre les fils de mes anciens concurrents. Papy fait de la résistance , s’amuse-t-il de sa présence dans ce sport mécanique très physique à 53 ans passés. S’il vise aujourd’hui un troisième titre de champion de France, c’est d’abord par pure passion que Joseph Dagher s’y adonne : « Je continuerai jusqu’à être en mauvaise santé. »

Son enfance, il la passe loin de la France, au Sénégal, où ses parents commerçants venus du Liban avaient acquis la nationalité française, dans ce qui était alors une colonie de la République. « Cette triculture, occidentale, orientale et africaine, a forgé ce que je suis aujourd’hui », analyse-t-il, lui qui est venu en France à 17 ans pour des études vite abandonnées.

Il fait son service militaire dans le génie, apprend à manier les engins lourds et à conduire les camions.
« Ca m’a appris mon métier », se souvient-il. En effet, après son service et une série de petits boulots, il entre en 1987 au bas de l’échelle d’une grande entreprise de travaux publics, et en gravit les échelons progressivement.

« Cette triculture, occidentale, orientale et africaine, a forgé ce que je suis aujourd’hui », analyse Joseph Dagher de ses origines libanaises et de son enfance sénégalaise.
« Cette triculture, occidentale, orientale et africaine, a forgé ce que je suis aujourd’hui », analyse Joseph Dagher de ses origines libanaises et de son enfance sénégalaise.

« C’est un métier d’homme, de relationnel, et puis les machines ! , explique-t-il de son intérêt pour les travaux publics. Et puis, j’aime le côté concret, on a la chance de voir l’oeuvre qu’on a réalisée. Aujourd’hui, je passe sur une route, je sais que c’est moi qui l’ai faite. »

Son intérêt pour la relation humaine le mène à des rencontres inattendues, et à des projets qui le sont tout autant. C’est ainsi par le plus grand des hasards qu’un représentant de moteurs de bateaux, avec qui il pratique le karting, lui propose de tester un nouvel engin en compétition. Lui qui naviguait depuis 1992 découvre alors les courses motonautiques en mer.

Il en devient champion de France en 2005, dès sa première saison complète, avec son fils aîné pour copilote, puis à nouveau en 2012. C’est une autre discussion, sur les bancs de musculation cette fois-ci, qui le mène à faire découvrir son sport mécanique aux deux dirigeants de l’entreprise gargenvilloise Carta-Rouxel.

Il leur communique sa passion, leur parle de son rêve d’organiser une compétition sur la Seine… qui deviendra réalité en septembre prochain. « Derrière le défi nautique, le but est de relancer la filière nautique et industrielle », se réjouit le champion de l’Yvelines nautic race, organisée par les deux patrons de la société de mécanique de précision.