S’il continue de faire débat chez les Gargenvillois (voir encadré), le nouveau quartier prévu sur les terrains de l’ancienne usine Porcher, fermée dans les années 1990, commence à prendre forme. Mercredi dernier, le promoteur immobilier Nexity, qui y construit une résidence-service intergénérationnelle de 80 logements, 9 maisons et 44 appartements, tenait une réunion d’information destinée à de futurs clients.

Les chantiers de Nexity sont censés démarrer à la fin de l’année et se terminer début 2018. Un groupe scolaire, réduit de quatorze à huit classes suite à l’élection de Jean Lemaire en 2014, est censé ouvrir à la rentrée 2018. Le prochain aménagement des terrains est la création d’une coulée verte en leur centre, des travaux prévus cette année.

Mais, dès le 15 avril, les premiers habitants vont emménager dans l’un des 106 logements du bailleur social I3F dont l’immeuble, le seul à être sorti de terre pour l’instant, est aujourd’hui terminé. Pour l’instant, les 11,6 hectares de la Zone d’aménagement concerté (Zac) des Hauts de Rangiport, en contrebas de la gare, ressemblent encore beaucoup à une friche.

« Je préfère qu’on l’appelle quartier plutôt que Zac, qui n’est qu’une dénomination administrative », a donc plaidé Denis Courtot, directeur des opérations de l’Etablissement public d’aménagement du Mantois Seine aval (Epamsa). L’institution supervise ce chantier de plus de 300 logements (contre 600 prévus initialement, Ndlr), qui représente presque 50 000 m² de surface construite. « Avec peu d’efforts, vous pouvez devenir propriétaire », vante de son côté Mathieu Malicet, directeur de la promotion chez Nexity. Le promoteur semble satisfait des ventes de maisons et d’appartements, presque la moitié des logements ayant été réservés jusqu’à présent.

Cela n’a pas été le cas d’un autre promoteur, qui a jeté l’éponge faute de ventes suffisantes de ses maisons individuelles. « Arc promotion a confondu Gargenville et Saint-Germain-en-Laye », estime le maire Jean Lemaire (UDI) de cet abandon. « Les moyens financiers en vallée de Seine sont de plus en plus restreints », confirme le directeur des opérations de l’Epamsa.

En remplacement, l’Epamsa a lancé une nouvelle consultation pour bâtir une quarantaine de logements « individuels superposés ». Enfin, dernier changement : la taille de la future école ayant été réduite, il est désormais prévu de bâtir sur la partie non utilisée une dizaine de logements et une crèche.

Des ex-soutiens très remontés

Opposés au projet nouveau quartier, ils utilisent tous les moyens à leur disposition contre ce qu’ils voient comme la trahison de leur candidat devenu maire en 2014.

Ils estiment lui avoir fait gagner les élections municipales de 2014, et qu’il les a trahis. Alors, ces anciens soutiens devenus farouches opposants font feu de tout bois contre le maire Jean Lemaire (UDI), par tract et sites internet interposés. Le futur quartier des Hauts de Rangiport et ses 106 logements sociaux (sur plus de 300 au total, Ndlr) sont au coeur du différend.

« Nous étions ensemble dans le collectif de l’opposition (à l’ex-maire Nicole Delpeuch, Ndlr), contre une concentration abusive de logements sociaux sur l’ancien site Porcher. Il fallait plutôt faire de petites résidences aux quatre coins de la ville », avance Christian Pirault, respectivement président et co-président des associations La défense gargenvilloise et Gargenville Seine Vexin.

Dans le but de retarder après les élections le projet prévoyant alors 600 logements, des recours avaient été formés devant la justice. « Il devait lancer un référendum dans les deux mois suivant son élection », note l’opposant. Son absence, puis l’annonce par Jean Lemaire de la continuation du projet après une division par deux du nombre de logements, serait à l’origine de cette véritable guérilla menée auprès des Gargenvillois : « On n’a pas voté Jean Lemaire pour en arriver là ! »

« Ces gens-là ne comprennent pas que nous ne sommes plus dans le Gargenville d’il y a 30 ou 40 ans avec la manne de la taxe professionnelle. Nous avons beaucoup d’équipements, pour lesquels il faut trouver des moyens financiers », répond le premier magistrat, qui estime ne plus pouvoir compter sur les apports de l’État ou des collectivités comme conseils départemental et régional.

« On ne va pas activer le levier fiscal tous les ans, plaide-t-il également (les taux communaux ont été augmentés l’an dernier, Ndlr). Il nous reste à construire pour attirer de nouveaux habitants, ce qu’on fait, et à vendre le patrimoine immobilier communal qui a besoin de mises aux normes et qu’on ne peut pas financer. »

Ces ventes immobilières, qui concernent un immeuble de 17 appartements et deux terrains, soulèvent aussi la critique de ses ex-soutiens. Ces derniers ont d’ailleurs déposé des recours juridiques contre ces transactions, dont ils estiment le prix trop faible. « Je les mets au défi de trouver des acquéreurs au prix qu’ils prétendent que ces biens valent », balaie Jean Lemaire.