A quelques centaines de mètres au Nord de Flacourt, le pont Bât cheval ne sert plus aujourd’hui qu’à un agriculteur, aux randonneurs à cheval et à de trop rares promeneurs. Surtout, cet ouvrage dont l’existence est attestée depuis quatre siècles, aujourd’hui couvert de presque un mètre de terre, souffrant d’infiltrations et de l’érosion de ses piles, menace de s’effondrer.

« Déjà, en 1650, ils avaient les mêmes problèmes », note de ce pont franchissant un ravin de huit mètres le maire Daniel Corbeau (SE). Passionné d’histoire, c’est avec sa femme et d’autres habitants qu’ils ont commencé des fouilles sommaires et défriché les alentours. Le chantier, qu’il aimerait pouvoir engager dès cette année, nécessite environ 140 000 euros : « C’est à peu près notre budget annuel. »

Loin de toute circulation depuis le XIXème siècle, le pont Bât cheval était autrefois situé sur une route royale.
Loin de toute circulation depuis le XIXème siècle, le pont Bât cheval était autrefois situé sur une route royale.

Alors, il a créé une association et conclu un partenariat avec la Fondation du patrimoine pour faire appel au mécénat des habitants et entreprises du Mantois. Il espère récolter 30 000 euros de dons pour boucler son budget, et ainsi pouvoir lancer les travaux. Avec ses 145 habitants, le village est de loin la plus petite commune du département à faire appel au mécénat patrimonial.

Loin de toute circulation depuis le XIXème siècle, le pont Bât cheval était autrefois situé sur une route royale menant de l’important marché de Dammartin-en-Serve à Mantes-la-Jolie, très utilisé pour amener le grain à Paris par le fleuve. Au-delà de sa sauvegarde, Daniel Corbeau aimerait qu’il soit plus utilisé après le chantier.

« Déjà, en 1650, ils avaient les mêmes problèmes », note de ce pont franchissant un ravin de huit mètres le maire Daniel Corbeau (SE).
« Déjà, en 1650, ils avaient les mêmes problèmes », note de ce pont franchissant un ravin de huit mètres le maire Daniel Corbeau (SE).

Il est en négociation avec la fédération française de randonnée afin de créer une nouvelle boucle de randonnée passant par le pont restauré, les marcheurs ayant pour le moment plutôt tendance à se balader dans la vallée de la Vaucouleurs. « C’est à la fois de la conservation du patrimoine et une nouvelle liaison verte », plaide l’édile.

Si cet appel au don s’avère fructueux, la municipalité renouvellera l’opération pour faire des travaux dans l’église du village. Il faut dire qu’à Flacourt, les élus mettent depuis longtemps l’accent sur le patrimoine pour renforcer l’image du village. En 2013, ils avaient ainsi inauguré leur nouvelle mairie, bâtie dans un ancien hangar de ferme datant de 1937.

« Si nous voulons être attractifs, il faut que les gens se sentent bien, et on ne peut faire un stade ou une médiathèque. On essaie de faire un joli petit village sans trop dépenser, explique de cette priorité Daniel Corbeau, maire depuis 2008 et heureux d’avoir su attirer une trentaine d’habitants supplémentaires. Même s’ils ne sont pas d’ici, le patrimoine appuie sur leurs racines, ça les attache. »

VALLEE DE SEINE
Patrimoine : quatre autres mécénats en cours

Plusieurs opérations de mécénat destinées à financer des restaurations sont actuellement en oeuvre en vallée de Seine. Elle sont toutes réalisées en partenariat avec la Fondation du patrimoine, donnant droit à des déductions fiscales pour les donataires. Ces collectes connaissent des succès très variés.

Ont été récoltés à ce jour presque 6 000 euros pour le prieuré royal Saint-Louis de Poissy, plus de 40 000 euros afin de sauvegarder l’église Saint-Michel de Juziers, 2 000 euros vers la création d’un orgue à l’église de Vaux-sur-Seine, et seulement 841 euros pour la restauration du château Vanderbilt à Carrières-sous-Poissy.

La réussite ou non de ces récoltes de dons est manifestement très inégale, ce que confirment les mécénats aujourd’hui clôturés. Ainsi, à Saint-Martin-la-Garenne, l’association de sauvegarde de l’église Saint-Martin avait obtenu plus de 28 000 euros pour restaurer et mettre en valeur le bâtiment. Mais d’autres collectes pour des projets similaires à Sailly et à Perdreauville, n’avaient permis de recevoir respectivement que 1 650 et 4 582 euros.

Mise à jour, 12 avril 2016 :
Une précédente version de cet article indiquait que la Fondation de France était partenaire de cette opération de mécénat, alors que c’est bien évidemment la Fondation du patrimoine qui l’est ; mais aussi que le pont était situé sur la route menant non de Dammartin-en-Goële (Val d’Oise), mais de Dammartin-en-Serve, à trois kilomètres au Sud du village, jusqu’à Mantes-la-Jolie. Toutes nos excuses pour ces deux erreurs.