Dans son rapport annuel sur la pollution en Île-de-France, l’organisme public Airparif a rendu pour la première fois publiques les mesures provenant de sa nouvelle station permanente en vallée de Seine, la troisième de l’organisme dans les Yvelines. Ses premiers résultats indiquent, en 2015, une baisse très significative de la pollution de l’air à l’arsenic par rapport aux années précédentes.

Evaluant la présence de métaux dans l’air, la nouvelle station de mesure a été installée à proximité de la zone industrielle de Limay-Porcheville, du port de Limay et du lycée Condorcet. Son installation fait suite à deux campagnes de mesures en différents points de Limay, en 2012 et en 2013. Les deux rapports issus de douze semaines d’évaluation avaient alors montré la présence de niveaux élevés d’arsenic à proximité du lycée Condorcet.

Utilisé dans la métallurgie, l’arsenic est un cancérigène avéré, et il peut provoquer des affections cardiovasculaires et neurologiques. En 2013, bien qu’inférieurs à la valeur cible* de 6 ng/m3 « largement respectée », ses niveaux moyens de 3,2 ng/m3 s’avéraient alors « 3 à 8 fois supérieurs à ceux des autres sites de l’étude et du site de référence parisien ».

L’aciérie Alpa, au coeur de la zone industrielle, était identifiée dans les précédents rapports comme émetteur important de pollution par les métaux, mais pas d’arsenic, rejeté surtout par les deux incinérateurs alors présents à Guerville et Limay.
L’aciérie Alpa, au coeur de la zone industrielle, était identifiée dans les précédents rapports comme émetteur important de pollution par les métaux, mais pas d’arsenic, rejeté surtout par les deux incinérateurs alors présents à Guerville et Limay.

« Nos demandes [de création d’une station de mesure permanente] ont été suivies d’effets, informait le maire limayen Eric Roulot (PCF) lors d’un conseil municipal de novembre 2014. Airparif a installé un poste fixe, proche du lycée Condorcet, pour mesurer en permanence les pollutions générées par les usines à proximité. »

L’édile indiquait alors sa volonté de convaincre les industriels les plus concernés d’investir pour diminuer les émissions. Et, dans l’intervalle de deux ans entre les campagnes temporaires de relevés et l’installation de la borne permanente, certains d’entre eux ont soit fermé, comme l’incinérateur de déchets ménagers Valène de Guerville, soit réduit leur activité, telle la centrale thermique EDF au fuel de Porcheville (dont la fermeture est d’ailleurs envisagée en 2018, Ndlr).

En effet, ces deux derniers sites industriels étaient identifiés par Airparif comme deux des quatre
« principaux émetteurs » de polluants métalliques, en compagnie de l’aciérie Alpa, au coeur de la zone industrielle, et de l’usine de traitement et d’incinération de déchets spéciaux ou dangereux de Sarp industries, filiale de Veolia, située dans l’enceinte du port fluvial.

« Airparif a installé un poste fixe pour mesurer en permanence les pollutions générées par les usines à proximité », indiquait en novembre 2014 le maire de Limay, Eric Roulot (PCF).
« Airparif a installé un poste fixe pour mesurer en permanence les pollutions générées par les usines à proximité », indiquait en novembre 2014 le maire de Limay, Eric Roulot (PCF).

Seuls les deux incinérateurs étaient alors indiqués comme générateurs d’arsenic. En 2015, les niveaux moyens mesurés par la borne d’Airparif, à 0,9 ng/m3, ont été plus de trois fois inférieurs à ceux relevés précédemment. Cela reste le triple de la quantité relevée par les stations évaluant le « fond de pollution » à Paris, mais six fois moins que la valeur cible.

Les trois autres métaux dont la concentration est aujourd’hui mesurée à Limay sont le plomb, le nickel et le cadmium. Parmi eux, seul ce dernier connaît des niveaux supérieurs, deux fois plus élevés, par rapport au « fond de pollution » parisien, « mais néanmoins faibles » pour Airparif.

* Instaurée par l’Union Européenne, la valeur cible correspond à un niveau fixé « dans le but d’éviter, de prévenir ou de réduire les effets nocifs sur la santé humaine et/ou l’environnement dans son ensemble, à atteindre dans le mesure du possible sur une période donnée ». L’Organisation mondiale de la santé (OMS), n’indique pas de valeur de sécurité en ce qui concerne la présence d’arsenic dans l’air.