Au soir du dernier dimanche de mars, l’abbé Pierre Amar a dû envisager la fermeture de l’église principale de sa paroisse, suite à des chutes de pierres du clocher fortement secoué par le vent. Quelques jours après, la visite d’un architecte du patrimoine mettait en lumière la nécessité de travaux d’urgence. Ils seront réalisés prochainement par la municipalité, son propriétaire, en attendant une éventuelle restauration de plus grande ampleur que le prêtre appelle de ses voeux.

Cela fait plus d’une décennie que seul le petit marteau fait résonner la cloche de l’église Saint-Aubin. « Quand la cloche est sonnée à la volée, la charpente en bois tape contre les pierres, explique le curé, informé de cette interdiction à son arrivée à Limay, il y a six mois. Ce sont des chocs de plusieurs tonnes, le clocher ne tiendra jamais. »

Plus ancien monument de la commune, l’édifice est en plutôt bon état, à l’exception notable de son clocher. Sa partie basse remonte au XIIème siècle, et il accueille un baptistère de huit siècles encore utilisé pour ce sacrement religieux. Fin mars, la chute de colonnettes situées au pied de sa flèche avait entraîné la mise en place d’un périmètre de sécurité par les pompiers, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Le 11 avril, un architecte du patrimoine a visité l’église. Il a permis la réouverture de l’espace du baptistère, directement sous le clocher. Surtout, il a préconisé une seconde inspection des pierres avec une nacelle élévatrice, puis des travaux de consolidation. L’expert a aussi confirmé les problèmes structurels de cette tour carrée, dont la partie supérieure avait déjà été reconstuite entièrement en 1906.

Un baptistère remontant à plus de 800 ans est placé sous le clocher, dont la partie basse a été érigée  au XIIème siècle.
Un baptistère remontant à plus de 800 ans est placé sous le clocher, dont la partie basse a été érigée au XIIème siècle.

« Nous allons valider le devis d’intervention pour les mesures d’urgence », indique Djamel Nedjar (PCF), l’adjoint municipal limayen chargé du dossier. Et nous nous sommes engagés à chiffrer les propositions de réhabilitation, sans rien promettre [quant à de futurs travaux plus importants]. »

Le père Pierre Amar, qui avait « commencé à prendre des dispositions pour fermer l’église », est plutôt soulagé, dans l’immédiat, de pouvoir continuer à célébrer dans le bâtiment. S’il rappelle que « la mairie a fait d’énormes travaux dans cette église depuis 2008 », il tire la sonnette d’alarme : « On ne pourra pas éluder indéfiniment la question de la rénovation de ce clocher ».

Alors, il compte bien persuader les élus de décider le lancement de ce chantier que tous envisagent déjà comme fort coûteux : « Ce n’est pas qu’une histoire de gros sous, il symbolise notre héritage », plaide l’homme d’église. « Il n’y a aucune raison qu’on ne finance pas la réhabilitation de ce bâtiment construit avant la collégiale (de Mantes-la-Jolie, Ndlr)», assure l’adjoint communiste de l’opération de rénovation.

« Sa portée va au-delà de la pratique religieuse. Il participe aussi au paysage de la commune et au plan culturel », poursuit-il, tout en se montrant prudent tant que le coût n’est pas connu : « Soit on peut le financer dans notre programme d’investissement, soit, si ce sont des montants plus considérables, ce sera de manière différente, partielle, ou dans le cadre d’un futur mandat. »

La chute de colonnettes situées au pied de la flèche a entraîné la mise en place d’un périmètre de sécurité, à l’intérieur comme à l’extérieur.
La chute de colonnettes situées au pied de la flèche a entraîné la mise en place d’un périmètre de sécurité, à l’intérieur comme à l’extérieur.