Philippe Chevrier, secrétaire départemental des Yvelines du Front national, a été écarté de cette fonction par le bureau politique frontiste. Il lui est reproché sa présence au rassemblement de Jean-Marie Le Pen, le 1er mai devant la statue de Jeanne d’Arc à Paris. Alors que Marine Le Pen organisait le même jour un banquet « populaire et patriote » du côté de la porte de la Villette. Présents aussi le 1er mai aux côté de Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnish et Marie-Christine Arnautu ont quant à eux été priés de quitter la direction du FN par une motion adoptée par le bureau politique du Front national.

Conseiller municipal à Rambouillet, conseiller communautaire à Rambouillet Territoires et conseiller régional d’Île-de-France, Philippe Chevrier était secrétaire départemental du FN depuis huit ans. Il garantit avoir appris son éviction par la presse. « Mon éviction est expliquée uniquement par ce qui serait mon indiscipline, a indiqué Philippe Chevrier lors d’une conférence de presse du 9 mai à Versailles. Mais pour qu’il y ait indiscipline, il aurait fallu des ordres. Or personne n’a reçu la consigne de ne pas aller au rassemblement de Jean-Marie Le Pen », affirme Philippe Chevrier.

En réaction à cette mise à l’écart, le frontiste a annoncé qu’il allait quitter le groupe FN au conseil régional, dès le 10 mai, où il continuera à siéger « seul, en tant que non inscrit ». Et Philippe Chevrier de préciser : « Les instances nationales du Front national décideront si elles veulent m’exclure mais je ne démissionnerai pas du parti. » Il ajoute vouloir participer à « la refondation d’un FN libéré d’un système écrasant, limite autoritaire ».

Lors de sa conférence de presse du 9 mai, Philippe Chevrier a souhaité donner son avis sur la situation actuelle au parti de Marine Le Pen. « Aujourd’hui, je ne suis pas dans un état d’esprit de revanche mais c’est l’occasion de prendre une liberté de parole que je n’avais plus. » A un an des présidentielles, « la faiblesse du Front national vient de son bureau exécutif où il y a un problème de compétence », estime l’ancien patron du FN des Yvelines. « Je considère que le programme du Front national tel qu’il est va dans le bon sens, mais j’ai des doutes sur la capacité des gens qui entourent Marine Le Pen à l’appliquer. »

Il reproche aussi au bureau exécutif une politique qui consiste « à suivre les sondages, ce qui correspond à suivre une mode du moment ». Pour Philippe Chevrier, le processus de fonctionnement est aussi à remettre en question. « Les votes se déroulent à main levée après que Marine Le Pen ait dit ce qu’elle va voter. Sur les quarante votants, la moitié sont salariés et du coup, tout le monde suit la présidente du parti, assure-t-il. J’appelle ça une méthode stalinienne. »

Dans la même logique, Philippe Chevrier juge l’élection de Wallerand de Saint-Just, en tête de liste FN en Île-de-France lors des dernières régionales, comme « illégale ».« Marine Le Pen a dit vouloir Saint-Just et je considère que cette désignation est illégale car le vote s’est déroulé à main levée, certifie l’ancien patron du FN des Yvelines. Alors que j’étais aussi candidat, Wallerand de Saint-Just a obtenu 21 voix et moi 17. »

Il juge d’ailleurs le score du Front national en Île-de-France à ces mêmes élections régionales comme « catastrophique ». Dû à un discours du FN qui « n’est pas adapté à ce que veulent entendre les franciliens », selon Philippe Chevrier. Et bien qu’il ne puisse pas avancer de chiffres, il affirme que « les adhésions au FN sont en chute libre depuis un an. Ça se casse la figure, particulièrement en Île-de-France. »